Reportage

Sénégal: les cubes de bouillons alimentaires désormais taxés à 25%

Une femme prépare un plat de riz et de poisson dans un restaurant de rue de Dakar (image d'illustration).
Une femme prépare un plat de riz et de poisson dans un restaurant de rue de Dakar (image d'illustration). AFP - GEORGES GOBET

Au Sénégal, ils sont présents dans la plupart des cuisines. Les bouillons alimentaires seront désormais taxés à 25%. C’est une nouvelle disposition instituée par la loi de finance rectificative sur le budget 2021. Le texte a été adopté lors du dernier Conseil des ministres. La mesure fait partie de la riposte budgétaire pour faire face à la pandémie de Covid-19. Reste à savoir si elle va chambouler les habitudes.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Dans son petit restaurant de rue, Sokhna propose des plats du jour : « Thiébou dieune, Yassa, soupe Kandia, mafé, riz au poulet… », des plats accompagnés de l’incontournable riz relevé avec un bouillon cube. « J’en mets toujours un peu dans la marmite, c’est pour donner du goût », explique-t-elle.

Maggi, Jumbo, Tem Tem ou encore Joker… Il y a l’embarras du choix sur le marché des bouillons alimentaires. Dans sa boutique, Abdourahmane, lui, propose trois marques : « Tous les trois, cela coûte 25 francs », détaille-t-il.

25 francs CFA, quelques poussières d’euros soit 0,038 pour être exact. Mais dans un pays de plus de 16 millions d’habitants, la mesure fiscale va rapporter gros. Selon le ministère des Finances, avec cette mesure, 25 milliards de francs CFA devraient rentrer dans les caisses de l'État, soit environ 38 millions d’euros.

L’exposé de la loi ne mentionne pas les effets nocifs des bouillons alimentaires sur la santé, mais rappelle leur composition : sel, exhausteurs de goût, ou encore matières grasses. Pour ces clients, la nouvelle taxe est une bonne chose et c’était mieux avant : « Avant nous prenions du sel et poisson fumé », raconte un client. « On a entendu que ça donne beaucoup de maladies. Personnellement, on veut manger le plat d’hier, ce que nos vieilles femmes cuisinaient sans bouillon. Ça change », témoigne un autre.

Tous les petits cubes seront soumis à la nouvelle taxe spécifique, qu’ils soient locaux ou importés.

À lire aussi : Le Sénégal souhaite inscrire le «thiébou dieune» à l’Unesco

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