Éruption du volcan Nyiragongo: en RDC, les populations autorisées à rentrer à Goma

Le Premier ministre congolais a annoncé le 7 juin un retour progressif des dizaines de milliers de déplacés après l'éruption du volcan Nyiragongo.
Le Premier ministre congolais a annoncé le 7 juin un retour progressif des dizaines de milliers de déplacés après l'éruption du volcan Nyiragongo. AFP - GUERCHOM NDEBO

Comme annoncé par le gouvernement congolais, les populations déplacées de Goma et dans le territoire commencent à regagner la ville après l'éruption volcanique du 22 mai et l'ordre d'évacuer du 27 mai. Les autorités ont noté la fin de la coulée et la solidification des laves, ainsi que la diminution sensible des tremblements de terre dans la zone.

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Après l'annonce, lundi 7 juin, par le Premier ministre congolais d'un « retour progressif » des dizaines de milliers de personnes qui ont fui après l'éruption volcanique, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya a donné quelques précisions sur le calendrier du retour des populations évacuées après l'éruption du volcan Nyiragongo, interrogé par Edmond Sadaka. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), 120 000 personnes avaient fui Goma.

 « Dans un premier temps, ceux qui doivent revenir sont ceux qui étaient du côté de Sake. Ils sont à une heure, une heure et demie de Goma. Ensuite, il y a ceux qui étaient à Nyiragongo-Goma, c’est dans la zone où il y a eu l’éruption. Et puis, ceux qui étaient à Rutshuru pourront revenir à partir du 11 ou du 12, et ceux qui sont à Bukavu à partir du 15 au 17. Puis ainsi de suite, a-t-il précisé. On a constaté évidemment qu’il y avait des populations qui commençaient progressivement à rejoindre la ville. Le Premier ministre lui-même, qui a suivi le dossier sur place, a donné des instructions après avoir écouté les experts de l’Observatoire volcanologique de Goma qui nous ont dit que la tendance était baissière et positive et qu’on pouvait donner cette instruction. C’est ce qui a été fait. Aujourd’hui, le gouverneur militaire et ses équipes se sont occupés d'encadrer les retours, le gouvernement a mis à disposition des moyens de transports pour s’assurer que ceux qui étaient à Sake par exemple arrivent à destination en toute sécurité. »

Le gouvernement congolais dit s’appuyer uniquement sur des données scientifiques pour prendre les décisions liées au retour des populations. Pour appuyer le travail de l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) sur le terrain, des scientifiques européens ont fait le déplacement sur site pour mesurer le danger, indique notre correspondant à Goma, Patient Ligodi.

Stabilisation

Nicolas Doret travaille pour le musée national d’Histoire naturelle du Luxembourg et au Centre européen de géodynamique de sismologie : « On a vraiment vu cette injection du magma sous le sol qui est partie du volcan, qui est passée sous la ville de Goma et qui s'est arrêtée un peu plus loin sous le lac Kivu, rapporte-t-il. C’est une injection qui fait à peu près une vingtaine de kilomètres de long. »

Et actuellement, la situation se stabilise comme l’a également constaté Benoit Smets, lui aussi expert, venu jusqu’à Goma : « On a une activité sismique qui a tendance à se calmer. On a une déformation du sol qui semble s’être arrêtée. On serait plutôt à une stabilisation, un arrêt de cette crise en tout cas pour le magma qui est en profondeur », explique-t-il.

Plusieurs milliers de déplacés n’avaient pas attendu le mot d’ordre des autorités pour rentrer chez eux. Et ce retour massif s’explique par l’urgence de retrouver des activités économiques habituelles. C’est le constat des experts dont fait partie la géographe belge Caroline Michellier, spécialisée dans l'évaluation de la vulnérabilité et des risques de la population face au volcan : « Les habitants de Goma considèrent le risque volcanique avec une moindre mesure que le bénéfice qu’ils peuvent tirer d’habiter dans cette ville qui procure beaucoup d’opportunités dans différents domaines », justifie-t-elle.

À ce stade, l’observation de l’activité du Nyiragongo se poursuit. Un groupe de 20 experts scientifiques a été créé pour suivre la situation.

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