Travail des enfants: au Togo, la dure vie des «microbes»

(illustration) Au Togo, le nombre d'enfants dans les rues ne cesse d'augmenter.
(illustration) Au Togo, le nombre d'enfants dans les rues ne cesse d'augmenter. Universal Images Group via Getty - BSIP

Au Togo, ils sont très nombreux, ces enfants qui survivent en travaillant dans les rues. Ils sont pointés du doigt, souvent méprisés, mais ce sont des enfants qui ont leur histoire, des victimes qu’il faut sortir du gouffre. 

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Avec notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbe

C'est le cas de Cyprien, 13 ans. Il a arrêté l’école au cours moyen 1ère année et vit au bord du marché d’Agoe-Zongo, dans la périphérie nord de Lomé depuis trois ans. «Je dors dans le marché, là où on vend les postes de télévision. C'est seulement après avoir vendu suffisamment de ferraille que le soir, je peux m'acheter de quoi manger », nous raconte t-il.

Hervé, plus âgé, est parti de la maison pour une histoire de sorcellerie. « Je vivais avec la seconde épouse de mon père et avec son fils, explique-t-il. Et elle me disait que ma mère m'avait donné des objets de sorcellerie pour empêcher son fils de progresser ! J'en ai parlé à mon père quand il est rentré, mais il n'a rien dit... Et je suis parti. »

Résilients

Ce sont des enfants résilients, qui doivent s’adapter à toutes les situations, selon Christophe Kpabi, éducateur de terrain à l’organisation non gouvernementale, Hälsa international. Ils étaient  environ 7 000 en 2015. Le chiffre a beaucoup évolué et cela inquiète Kévin Fiashinou, directeur exécutif de Hälsa international

« Pour un si petit pays, le nombre est beaucoup trop élevé, s'insurge-t-il. Avant, nous avions les causes traditionnelles de l'entrée des enfants dans la rue, qui étaient souvent basées sur la pauvreté. Mais aujourd'hui, ces éléments évoluent et nous avons de nouveaux facteurs qui entrent en jeu, notamment la violence domestique, le manque d'appui à la parentalité que nous n'avons pas et la mauvaise compréhension du développement de l'enfant par les parents. Et les parents abandonnent. »

 Quelque 85% de ces enfants dans les rues ont leurs parents en vie, 10% sont des orphelins et  5% sont des enfants migrants. Il arrive -comme cela a été le cas il y a quelques jours- qu'un parent retrouve son enfant après qu'il ait passé dix ans dans la rue.

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