Chants traditionnels

«Polyphonies, polyfolies»: les musiques traditionnelles centrafricaines se font entendre

« Polyphonies, polyfolies » : une rencontre entre les chants traditionnels pygmées et les trompes de Bambari, orchestrée par la guitare du musicologue Camel Zerki (c.), ici à l'Alliance française de Bangui, le 10 juin 2021.
« Polyphonies, polyfolies » : une rencontre entre les chants traditionnels pygmées et les trompes de Bambari, orchestrée par la guitare du musicologue Camel Zerki (c.), ici à l'Alliance française de Bangui, le 10 juin 2021. © Carol Valad/RFI

« Polyphonies, polyfolies », c’est le nom de ce spectacle musical présenté à l’Alliance française de Bangui, fruit de la rencontre entre les chants polyphoniques pygmées et les légendaires trompes de Bambari.

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Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

C'est une rencontre guidée par la guitare de Camel Zekri, musicologue et compositeur franco-algérien, qui a passé sa vie à parcourir l’Afrique à la recherche des musiques les plus originales. Et le résultat est envoûtant.

« Je vous propose on va commencer un morceau ! » À Bangui, on surnomme Camel Zekri « le grand pygmée », en raison de sa taille, qui contraste avec celle ses musiciens. La musique centrafricaine le passionne depuis vingt ans, mais c’est la première fois qu’il fait se rencontrer les légendaires trompes de Bambari - d’énorme racines évidées par l’action des termites, qui demandent beaucoup de patience et de longues marches dans la brousse pour les trouver - avec les polyphonies pygmées de la Lobaye, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.

Au rythme des longues marches en forêt

« On s’est familiarisés avec des artistes de la savane, c’est une super expérience », témoigne un des artistes pygmées. Un léger mouvement de balancier pour les uns, le rythme des longues marches en forêts pour les autres, et au centre, Camel Zekri : « Alors moi j’ai un instrument européen, une guitare. Je m'en sers comme d'un liant entre ces deux polyphonies, instrumentale et vocale, qui ont chacune leurs règles. » Un équilibre parfois difficile à trouver. « Il y a des cycles qui sont un peu différents, il faut tenir son cap parce que sinon, je pars d'un côté, je pars de l'autre. J'essaie de trouver ce qui va maintenir l'ensemble. »

Une façon de « dé-muséifier » les musiques traditionnelles, et de prouver qu’au delà du folklore, elles sont en constante évolution. « Polyphonies, polyfolies », qui a donné son premier concert à Bangui ce samedi 12 juin, partira en France pour la tournée des festivals cet été.

► A ré-écouter : Reportage Afrique: un musicologue au chevet des polyphonies en Centrafrique

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