Somalie : inquiétude sur le sort de soldats soupçonnés d’avoir été envoyés dans le Tigré

Un soldat somalien dans la base militaire de Sanguuni, en 2018. (image d'illustration)
Un soldat somalien dans la base militaire de Sanguuni, en 2018. (image d'illustration) AFP - MOHAMED ABDIWAHAB

Des jeunes recrues somaliennes avaient été envoyées pour être entraînées dans des camps militaires en Erythrée en 2019. Mais leurs proches affirment ne pas savoir ce qu'ils deviennent. Et les rumeurs sur leur sort s’accumulent. Les soldats sont soupçonnés d’avoir dû quitter les camps d’entrainements pour rejoindre la région du Tigré, en Ethiopie, pour prendre part aux combats aux côtés des troupes érythréennes.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Mogadiscio et Asmara nient les accusations et affirment que ces troupes sont toujours dans les camps d’entrainement. Pour lever les soupçons, le Premier ministre somalien, Mohamed Hussein Roble, vient d’annoncer la création d’une commission chargée d’enquêter sur le sort de ces soldats somaliens.

Cette nouvelle commission a plusieurs objectifs. Principalement : clarifier le lieu où se trouvent ces soldats somaliens. C’est-à-dire confirmer s’ils sont toujours en camp d'entraînement en Erythrée. Et, surtout lever les soupçons selon lesquels ils auraient été déplacés en Ethiopie. Car l’inquiétude règne sur leur sort depuis plusieurs mois.

Tout a commencé en janvier, lorsqu’un ancien chef de l’agence des renseignements somalienne a affirmé que plus de 300 recrues, âgées entre 20 et 30 ans, avaient été tuées lors de combats dans le Tigré. Une rumeur qui a provoqué la colère des parents. Sans nouvelles de leurs enfants partis s’entraîner en Erythrée, ils ont manifesté à plusieurs reprises dans la capitale. 

Début juin, un rapport de l’ONU a aussi affirmé avoir reçu des informations selon lesquelles des soldats somaliens auraient été déplacés aux côtés des troupes d’Asmara depuis des camps militaires en Erythrée vers le Tigré. Ils auraient notamment été aperçu dans la ville d’Aksoum.

Cette nouvelle commission d’enquête doit donc lever le doute sur ces accusations. Mais elle est déjà cible de critiques. L’opposition demande une équipe plus indépendante, incluant des membres de la société civile et de différents partis politiques. La commission est actuellement composée de hauts-gradés comme les ministres de la Défense et de l’Intérieur et le chef de l’armée.

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