Élections régionales en France: un nouveau test délicat pour le Parti socialiste

L'ancienne journaliste Audrey Pulvar fait partie des candidats socialistes en Île-de-France.
L'ancienne journaliste Audrey Pulvar fait partie des candidats socialistes en Île-de-France. AFP - SAMEER AL-DOUMY

Concurrence entre les partis, difficulté à nouer des alliances, dynamiques favorables à la droite et l’extrême droite, les élections départementales et régionales s’annoncent délicates pour la gauche française. Or, ces scrutins pourraient peser dans la perspective de la présidentielle.

Publicité

Le Parti socialiste est, pour quelques jours encore, à la tête de cinq des douze régions métropolitaines, mais l’atterrissage s’annonce difficile pour le PS. Sans alliance, conserver ne serait-ce qu’une région s’avère illusoire, il va donc falloir négocier, prioritairement avec les écologistes. Sauf que les Verts sont ambitieux, portés par leurs bons résultats aux municipales et aux européennes, ils rêvent de prendre la tête d’une ou plusieurs régions. Les négociations devraient donc être serrées.

Il s’agira aussi d’un test de compatibilité pour les socialistes et les écologistes en vue de l’élection présidentielle, même si chacun revendique pour l’instant avoir son propre candidat. Or la concurrence est rude avec le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, déjà candidat et donné en tête des intentions de vote à gauche pour 2022. La France insoumise (LFI) qui n’a pas vraiment misé sur les régionales, se focalise sur la course à l’Élysée, mais a noué des alliances au cas par cas, notamment avec les écologistes.

Autre écueil pour la gauche, le « front républicain » : le barrage à l’extrême droite lui avait valu de disparaître des conseils régionaux des Hauts-de-France et de Paca en 2015. Les partis de gauche y sont cette fois réticents, avec le risque de se voir accuser de favoriser les victoires du Rassemblement national.

Jean Castex a fait de l’action du gouvernement contre le Covid un axe de sa campagne. Après avoir annoncé l’abandon du masque en extérieur et la fin avancée du couvre-feu, le Premier ministre entend surfer sur ces bonnes nouvelles dans ces deniers jours de campagne : « Je pense que les Françaises et les Français mesurent que dans la gestion de cette crise sanitaire, nous avons fait nos meilleurs efforts ». La gestion de la crise sanitaire comme argument de campagne dans une élection pourtant locale, Jean Castex assume sa double casquette : « Je suis Premier ministre. Je ne me suis jamais caché derrière mon petit doigt. Ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer ». Certains macronistes poussent pour un changement à Matignon après les régionales, histoire de tourner la page du Covid. Jean Castex évacue : « J’assume tout, le choix appartient au président de la République. Moi, je suis au service de mon pays ». Le sort du Premier ministre ne serait pas dans la balance. Emmanuel Macron l’a dit mercredi 16 juin à ses ministres : il ne tirera pas des « leçons nationales et gouvernementales de ces élections », alors que le Rassemblement national est aux portes de plusieurs régions. 

 

À lire aussi : Régionales: le désintérêt des Français pour le vote inquiète la classe politique

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail