Algérie: les islamistes se préparent à entrer au gouvernement

Abderrazak Makri, chef du parti islamiste MSP, lors d'une conférence de presse à Alger, après les élections législatives, le 16 juin 2021.
Abderrazak Makri, chef du parti islamiste MSP, lors d'une conférence de presse à Alger, après les élections législatives, le 16 juin 2021. AFP - RYAD KRAMDI

En Algérie, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), s'est félicité mercredi de son résultat aux législatives malgré une abstention record. Avec 64 sièges remportés à l'Assemblée populaire nationale, ce parti proche idéologiquement des Frères musulmans arrive donc deuxième du scrutin.

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Mercredi, lors d'une conférence de presse, Abderrazak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la paix s'est dit ouvert à une participation au prochain gouvernement sous conditions. « Nous allons étudier la proposition de participer au gouvernement en examinant son programme et sa vision politique », a-t-il déclaré.

Selon le politologue Hasni Abidi, « les islamistes veulent participer à la gestion du pouvoir en Algérie et ne pratiquent jamais la politique de la chaise vide », précisant qu'« ils savent que le temps joue en leur faveur ».

La présidence algérienne n'a pas réagi publiquement aux déclarations du MPS, mais des tractations se déroulent discrètement en attendant l'annonce définitive des résultats des législatives.

De fait, Abdelmajid Tebboune se dirige vers la formation d'un gouvernement d'entente nationale regroupant les différents partis vainqueurs des élections anticipées du 12 juin.

Selon la nouvelle Constitution de 2020, la majorité à l'Assemblée doit être formée de 204 sièges, ce qui oblige le Front de libération nationale, qui a eu 105 sièges à s'allier au Rassemblement national démocratique, et aussi aux islamistes du MSP et à des indépendants, pour avoir 51% du Parlement.

Le MSP avait plusieurs ministres au gouvernement au milieu des années 1990. Il a choisi de passer à l'opposition en 2012 après le printemps arabe. Il s'est retiré à nouveau en 2019 en s'opposant à un nouveau mandat du président Bouteflika.

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