RDC: comment le groupe rebelle ADF garde sa capacité de nuisance

Le village de Manzalawu (Manzalaho) dans le territoire de Beni, le 18 février 2020, après le raid attribué aux rebelles ADF. Au moins 15 personnes ont été tuées dans ce village de 1000 habitants dont la population a fui.
Le village de Manzalawu (Manzalaho) dans le territoire de Beni, le 18 février 2020, après le raid attribué aux rebelles ADF. Au moins 15 personnes ont été tuées dans ce village de 1000 habitants dont la population a fui. © AFP

Pendant que le président Felix Tshisekedi poursuit sa tournée dans l’Est du pays pour évaluer les résultats de l’état de siège et des opérations de l’armée, le groupe d’experts des Nations unies a publié ce 16 juin son rapport final dont une large partie est consacrée au Nord-Kivu. Il fait notamment le bilan des opérations contre les ADF, un groupe rebelle islamiste à l’origine ougandais. Le groupe d’experts a interrogé plus de 140 personnes de tous horizons.

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Le groupe d’experts a refait l’organigramme des ADF et la topographie de leurs camps et il note que l’un et l’autre restent globalement les mêmes qu’avant les opérations de l’armée en 2019. Mais ces opérations ont permis, avec l’arrestation de plusieurs collaborateurs des ADF, selon les experts onusiens, de réduire leurs effectifs et de restreindre leurs chaînes d’approvisionnement.

Des vidéos et photos récentes montrent que ces rebelles n’en restent pas moins bien armés. Ils disposent même de deux drones et utilisent de plus en plus d’engins explosifs artisanaux. Au moins 45 militaires et 12 civils en ont été victimes entre novembre et mars. Selon les témoignages recueillis par le groupe d’experts, la principale source d’approvisionnement des ADF reste la récupération d’armes auprès des FARDC au cours des attaques, ce qui justifie que l’armée soit régulièrement ciblée.

Kidnapping de civils

Il n’y a pas de preuves dans ce rapport d’un soutien de l’État islamique, même si les ADF se revendiquent de l’EI. Pour remplacer les effectifs perdus lors des combats avec l’armée, ce groupe recrute dans la région, y compris, lors d’attaques, ils kidnappent des civils pour en faire des combattants. L’attaque contre la prison de Beni aurait également eu cet objectif : 1 300 personnes sur 1 455 détenus s’étaient évadées.

A noter que dans les zones où les ADF sévissent, les FARDC du Congo sont également accusés exactions, viols, exécutions sommaires, mais aussi des trafics en tout genre : or, cacao, armes, notamment. Le président Tshisekedi lui sera justement à Bunia en Ituri ce jeudi 17 juin.

À lire aussi : RDC: qui sont et que veulent les ADF? - RFI

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