Centrafrique: la présidence répond aux «allégations» liées aux paramilitaires russes

Le président Touadera accompagné par des éléments russes de sa garde rapprochée lors du lancement de la campagne présidentielle, le 12 décembre 2020 à Bégoua (image d'illustration).
Le président Touadera accompagné par des éléments russes de sa garde rapprochée lors du lancement de la campagne présidentielle, le 12 décembre 2020 à Bégoua (image d'illustration). © RFI - Charlotte Cosset

Les inquiétudes autour du partenaire russe se multiplient après plusieurs enquêtes concernant les exactions commises par les paramilitaires en Centrafrique. RFI avait publié une enquête en mai révélant les méthodes utilisées. La semaine dernière, c'est CNN, en partenariat avec l'organisation The Sentry, qui a publié un grand format sur le sujet.

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En réponse à l'enquête de la rédaction américaine CNN, le directeur de cabinet du président de la République centrafricaine s'est fendu d'un communiqué de cinq pages, justifié, précise-t-il, par « la gravité de ces allégations diffamatoires, fantaisistes et fallacieuses ». Il existerait selon Obed Namsio « un complot contre les autorités centrafricaines ». Avec pour objectif, la volonté de « soutenir l'instauration d'un chaos » dans le pays et avec « l'intention de nuire aux intérêts de la République centrafricaine ».

Obed Namsio insiste sur la violence des groupes armés et leur occupation du territoire pendant ces dernières années. Des crimes sciemment omis selon lui par les journalistes qui n'ont pas effectué de mission sur le terrain. CNN précise ne pas avoir obtenu d'autorisation de reportage malgré plusieurs demandes. 

Le directeur de cabinet poursuit ensuite sur la ligne de communication officielle : il n'y a pas de mercenaires en Centrafrique, la présence des éléments russes a été autorisée par le comité de sanction des Nations unies, ils interviennent dans le cadre d'un accord de coopération militaire bilatéral.

« Une guerre par procuration entre les grandes puissances »

Le communiqué précise que la présidence « refuse de se retrouver dans une guerre par procuration entre les grandes puissances ». Il rappelle enfin qu'une enquête spéciale du gouvernement a été mise en place pour faire la lumière sur les allégations de violations des droits de l'homme imputées aux Faca et forces alliées russes. Des allégations qu'il qualifie de « précoces ». Une enquête dont on attend les conclusions.

La commission des Affaires étrangères du Congrès américain a, elle aussi, publié un communiqué dans lequel elle appelle l'administration Biden et les Nations unies à enquêter plus avant sur le rôle présumé du groupe Wagner dans les « atrocités » commises contre les populations civiles. Il encourage les partenaires internationaux à rejeter pleinement « le déni invraisemblable du Kremlin de la responsabilité ultime de ces crimes odieux ». 

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