Mauritanie : un projet de loi ouvre la voie à la double nationalité

Une artère de la capitale mauritanienne, Nouakchott. (Illustration).
Une artère de la capitale mauritanienne, Nouakchott. (Illustration). Carmen Abd Ali / AFP

Un projet de loi autorisant la double nationalité a été adopté mercredi dernier par le gouvernement au terme de sa réunion hebdomadaire. L’actuel code de la nationalité, qui date de 1961, interdit l’appartenance à un autre État. Une situation qui a pénalisé des milliers d’immigrés mauritaniens qui ont pris la nationalité de leur pays d’accueil.

Publicité

Avec notre correspondant à Nouakchott, Salem Mejbour

Depuis des décennies, ces Mauritaniens d’origine ont mené le combat avec l’aide des organisations de défenses des droits humains pour modifier l’ancien dispositif. Le nouveau projet de loi qui ouvre la voie à la double nationalité est synonyme d’aboutissement d’une longue lutte. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont travaillé pour ce résultat.

C’est le cas du mouvement abolitionniste IRA. Son président Biram Dah Abeid était récemment au Mali et en Côte d’Ivoire. Sur place, il a rencontré des immigrés mauritaniens dont certains n’ont plus la nationalité de leur pays d’origine.

« Beaucoup de Mauritaniens ont perdu leur nationalité parce que leur vie à l’extérieur ne leur permet pas de vivre avec uniquement la nationalité mauritanienne. Parce que les autres nationalités contiennent des avantages, des avantages que la nationalité mauritanienne ne recouvre pas. »

Le président de l’Union des Mauritaniens à l’étranger, Med Moctar, attend la concrétisation de l’engagement pris par le gouvernement. « Pour nous représentants des communautés mauritaniennes à l’extérieur, sincèrement, nous apprécions le projet de loi pris par les autorités pour permettre aux Mauritaniens qui travaillent en dehors du pays de conserver leur nationalité en cas d’acquisition d’une deuxième. »

Les Mauritaniens qui opteront pour la double nationalité ne pourront cependant pas briguer les postes de président de la République, membres du gouvernement, maires ou députés.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail