Éthiopie: un scrutin à deux vitesses entre les régions et Addis-Abeba

Une file de personnes attendant de pouvoir voter durant les élections législatives régionales et nationales à Addis-Abeba en Éthiopie, ce 21 juin 2021.
Une file de personnes attendant de pouvoir voter durant les élections législatives régionales et nationales à Addis-Abeba en Éthiopie, ce 21 juin 2021. © BAZ RATNER/REUTERS

En Éthiopie, le scrutin des législatives locales et nationales se tenait ce lundi 21 juin après avoir été repoussé deux fois. C'est un vrai test pour le Premier ministre et favori Abiy Ahmed. Alors que la mobilisation était forte dans les rues de la capitale Addis-Abeba, les irrégularités se sont multipliés dans les régions éthiopiennes.

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Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

Les États-Unis et le secrétaire général de l'ONU avaient demandé aux leaders politiques de se réfréner et d'éviter tout type d'action violente pendant le scrutin alors que l'environnement est inquiétant. Depuis le début de la guerre dans la région du Tigré en novembre 2020, les conflits intercommunautaires se sont multipliés en Éthiopie. La région du Tigré n’a pas voté ce lundi, tout comme environ 20 % du pays, paralysé par l’insécurité. Ces circonscriptions retardataires voteront le 6 septembre 2021 dans la mesure du possible.

Dans la capitale en revanche le scrutin s’est déroulé sans encombre avec une forte affluence. Ce nombre de votants allié à certains problèmes logistiques a obligé la commission électorale à repousser de trois heures la fermeture des bureaux.

Agressions et intimidations dans les différentes régions

Dans les différentes régions cependant, le processus a rencontré plus d’obstacles. Des intimidations, des agressions et des manques d’accès se plaignent les partis d’opposition. Trois partis parlent d'intimidation et de manque d'accès aux bureaux de vote. Une formation de la région Sidama s’est même retiré du processus à la mi-journée après l'agression de plusieurs de ses membres. 

Côté observateurs, après l’annulation de la mission européenne, c'est l’Union africaine qui se chargeait de surveiller le scrutin. À sa tête, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo qui a déclaré que le vote « a été bien meilleur que les élections passées en termes d'ouverture de l'espace politique, malgré quelques handicaps ».

►À lire aussi : Focus - Premier scrutin législatif depuis l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed, l'Éthiopie divisée

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