À Madagascar, un mort dans la répression de manifestations étudiantes

Depuis un an et demi, les étudiants malgaches (ici à Antananarivo, en avril 2020) manifestent pour réclamer le versement de leurs bourses.
Depuis un an et demi, les étudiants malgaches (ici à Antananarivo, en avril 2020) manifestent pour réclamer le versement de leurs bourses. AFP - RIJASOLO

Des manifestations d'étudiants qui réclamaient leurs bourses impayées depuis neuf mois ont dégénéré dans le sud du pays, faisant un étudiant mort et un autre gravement blessé, selon le bilan de la gendarmerie sur place. Le versement des arriérés a été débloqué hier lundi, après près de quinze jours de manifestations.

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avec notre correspondante à Antananarivo, Laure Verneau

Quatre mois d’arriérés de bourses ont été débloqués hier, précise une source proche du dossier, qui explique que si les versements ne se sont pas fait à temps, c’est parce que les listes des bénéficiaires n’ont pas été mises à jour par les autorités compétentes. Il y aurait sur ces listes, entre 20% et 30% de noms fictifs, et donc la nécessité d’assainir.

Cela fait quinze jours que les étudiants de Tuléar manifestent à cause de ces bourses impayées. Un montant compris entre 25 000 et 30 000 ariarys par mois (entre 6 et 7 euros), non versé par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Ces bourses permettent à ces jeunes de vivre à côté de leurs études. D’autant qu’à cause des restrictions sanitaires, trouver un travail était plus compliqué pendant la pandémie.

Manifestations récurrentes

Dans un communiqué publié par la ministre de l’Enseignement supérieur, celle-ci dénonce toutefois une manœuvre politique, et déclare condamner « toute forme d’instrumentalisation des étudiants en vue de perturber la vie de la nation ».

Pourtant ce n’est pas la première fois cette que Tuléar est le théâtre de manifestations étudiantes. En mars dernier, les jeunes universitaires étaient déjà descendus dans la rue déjà pour la même raison, et réclamaient alors des toilettes dans leur université, ou encore la reprise de la construction d'un bâtiment de logements universitaires.

De Mahajunga à Tamatave en passant par Antananarivo ou Fianarantsoa, depuis un an et demi, les étudiants malgaches ont régulièrement réclamé le versement de leurs bourses d’études non payées.

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