Centrafrique: pour la COD-2020, «le dialogue doit être placé sous une médiation neutre»

L'ex-Premier ministre Mahamat Kamoun (au centre) et le porte-parole de la COD-2020, Nicolas Tiangaye (à droite), le 30 décembre 2020.
L'ex-Premier ministre Mahamat Kamoun (au centre) et le porte-parole de la COD-2020, Nicolas Tiangaye (à droite), le 30 décembre 2020. © RFI / Charlotte Cosset

En Centrafrique, le président de la République a annoncé, dans son discours du 6 juin, la fin des consultations pour la tenue du grand dialogue national. Pour la plateforme d'opposition COD-2020, le dialogue tel que proposé ne peut assurer la réconciliation nationale.

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Faustin Archange Touadéra a annoncé que la tenue de ce dialogue était imminente, sans pour autant donner une date. Deux cent trois personnes ont été consultées : membres de la société civile, confessions religieuses, chefs des institutions de la République, anciens chefs d'État, partenaires techniques et financiers, ainsi que les partis politiques, sauf une partie de l'opposition regroupée dans la COD-2020 qui a refusé de participer au processus.

Cette plateforme déclare, dans un communiqué publié ce lundi 21 juin dans la soirée, que le dialogue tel que proposé ne pouvait déboucher sur la réconciliation nationale.

Mahamat Kamoun, président en exercice de la COD-2020, répond à Charlotte Cosset.

Le président Touadéra est en train de proposer quelque chose qui ne va pas dans le sens de ce que nous voulons. Le dialogue, pour nous, c’est pour arriver à régler un certain nombre de problèmes qui minent le développement de notre pays. À savoir, la question de sécurité, les questions institutionnelles et aussi la mauvaise gouvernance. Nous avons pensé que ce dialogue pouvait être inscrit sous le signe de l’inclusivité, c’est-à-dire au niveau du comité préparatoire, au niveau des acteurs, des participants, mais il faudrait aussi que ce dialogue soit placé sous une médiation neutre. Nous avons souhaité que ce dialogue puisse être organisé sous l’égide de la médiation des instances sous-régionales.

La CPC doit-elle participer à ce dialogue ?

Vous ne pouvez pas régler le problème sécuritaire, sans pour autant faire participer les groupes armés ! Qui, aujourd’hui, crée l’insécurité dans le pays ? Ce ne sont pas les partis politiques, c’est quand même les groupes armés ! Si vous voulez organiser un dialogue sans la participation des groupes armés, je crains fort que l’on ne puisse pas aboutir à une sortie durable de la crise. »

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