Conférence sur la Libye: des avancées sur le retrait des forces étrangères

Heiko Maas et Najla al-Mangoush à Berlin, le 23 juin 2021.
Heiko Maas et Najla al-Mangoush à Berlin, le 23 juin 2021. AFP - MICHAEL SOHN

Une deuxième conférence sur la Libye se tenait ce mercredi à nouveau à Berlin, 18 mois après la précédente, avec une vingtaine de pays et d'organisations internationales dont le gouvernement de transition en place depuis le printemps à Tripoli. Deux objectifs figuraient au menu, la tenue des élections prévues fin décembre et le retrait des forces étrangères. Sur ce deuxième dossier, des avancées ont été annoncées.

Publicité

« Toutes les forces étrangères et les mercenaires doivent être retirés sans délai ». Le communiqué publié après la conférence est clair. Il reprend les termes de la précédente rencontre en janvier 2020 comme ceux pris lors de l’accord de cessez-le-feu entre les deux camps en présence à l’automne 2020, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault. Autant d’engagements qui n’ont pas été suivis d’effets. Une note en bas de page dans le communiqué précise que la Turquie émet des réserves sur cette formulation.

La ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition Najla al-Mangoush a cependant annoncé une avancée concrète : « Nous espérons que les mercenaires des deux parties en présence seront retirés dans les jours qui viennent, un signe encourageant qui sera suivi par d’autres étapes. » Le ministre des Affaires étrangères allemand, dont le pays accueillait pour la deuxième fois une rencontre sur la Libye, s’est félicité de cette avancée concrète. Des diplomates de l'ONU craignaient récemment, toutefois, qu'une « dispersion brutale » de ces combattants surarmés ne représente « une nouvelle menace pour la région ».

Volonté d'un retrait graduel et équilibré

Heiko Maas a tenu à préciser que ce retrait des mercenaires devait respecter l’équilibre fragile entre les deux camps : « Ce retrait doit se faire graduellement et de façon équilibrée entre les parties en présence. Si l’une d’elles retirait rapidement ses forces et l’autre non, cela créerait une situation où un acteur aurait une supériorité militaire qui pourrait lui donner de mauvaises idées. » Les Nations unies estiment qu’environ 20 000 soldats et mercenaires étrangers sont en Libye.

La Turquie, qui a le plus grand nombre de forces sur le terrain, entre militaires turcs et mercenaires syriens, cherche à avoir des garanties pour que les agents russes du groupe Wagner, mais aussi les Soudanais et les Tchadiens soutenus par les Émirats arabes Unis et intervenant au côté du maréchal Khalifa Haftar, s'engagent à quitter le pays en même temps. 

L'autre question sur laquelle la communauté internationale s'est montré inflexible, c'est le maintien des élections générales à la date prévue, avant la fin de l'année. Le premier ministre libyen, Abdel Hamid Dbeibah, a exposé nombre de défis sécuritaires et logistiques qui pourraient retarder le scrutin. Mais devant la fermeté de ses interlocuteurs, il s'est réengagé à organiser le vote en décembre.

Hasni Abidi, politologue, sur le sommet Berlin II sur la Libye

À lire aussi : Berlin: 2e conférence internationale sur la Libye pour consolider les dernières avancées

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail