«Touristes» russes arrêtés au Tchad: ce que l’on sait

Vue aérienne de Ndjamena.
Vue aérienne de Ndjamena. © David Baché/RFI

Au Tchad, les 12 ressortissants russes et lituaniens, présentés comme des touristes, et interpellés dans le nord du pays par les autorités tchadiennes, sont désormais libres de quitter le pays. Arrêtés dans le Sahara tchadien le 13 juin, ils ont été relâchés après enquête. 

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Ils sont douze, onze Russes, dont deux femmes, et une Lituanienne, et sont entrés dans le pays le 25 mai dernier par le Cameroun. Ils ont été interpellés trois semaines plus tard, le 13 juin, près de Faya-Largeau, dans le nord du pays. C’est une zone classée rouge en matière de sécurité, en raison notamment de la proximité de la Libye et des incursions rebelles qui y sont souvent signalés.

Ramenés manu militari à Ndjamena, le groupe a été placé en résidence surveillée, le temps d’une enquête. Leurs téléphones, ordinateurs et autres appareils électroniques ont été confisqués. Ils affirment être des touristes qui font le tour du monde en véhicule tout terrain.

L’organisateur de ce séjour, Alexeï Karmerzanov, qui est basé à Moscou, invoque un malentendu : « Pourquoi aller au Tchad ? Parce qu’il y a des choses à voir : le plateau de l'Ennedi, le plateau du Tibesti, le lac d'Ounianga. C’est vraiment un trajet exceptionnel. Et plusieurs centaines de touristes étrangers l’empruntent tous les ans. C’est un parcours relativement courant. Les sociétés locales s’en occupent. Dans notre cas, nous étions accompagnés.

Nous n’étions pas du tout comme la presse nous a présentés des badauds perdus dans le désert. Nous avions un trajet précis et validé. Nous nous sommes signalés dans chaque village, dans chaque ville où nous sommes passés. Donc, de notre côté, tout a été fait selon les règles. Toute cette histoire ressemble plutôt à un problème de coordination interne des services du Tchad. Apparemment, ils ont eu des doutes. Mais ils ont examiné notre équipement technique. Nous n’avions pas d’équipement interdit. »

Leur matériel leur a été rendu et ces ressortissants étrangers sont désormais libres de quitter le pays. Ils doivent quitter le pays ce vendredi après avoir effectué un test Covid pour pouvoir voyager. En début de semaine, le ministre tchadiens des Affaires étrangères s'est d’ailleurs excusé du « désagrément » causé. Pas un mot sur les conclusions de l’enquête.

Selon nos informations, les services de sécurité tchadiens soupçonnent ces hommes et femmes de s'être introduits dans cette zone militaire pour une mission de reconnaissance. Cette zone abrite une base militaire française. Certains voient cette interpellation de touristes russes dans le nord dans le contexte d’une rivalité franco-russe dans la région. Les Russes étant présent en Libye et en Centrafrique.

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