L'Éthiopie à Moscou en quête d'un allié

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères Demeke Mekonnen, ici en février 2019 (lorsqu'il était Premier ministre).
Le ministre éthiopien des Affaires étrangères Demeke Mekonnen, ici en février 2019 (lorsqu'il était Premier ministre). AFP - ASHRAF SHAZLY

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen, se trouvait à Moscou mercredi, pour une visite officielle et une rencontre avec son homologue russe Serguei Lavrov. L'Éthiopie et la Russie ont profité de l'occasion pour multiplier les signes d'amitié, alors qu'Addis-Abeba est de plus en plus isolée et mise sous pression par l'Union européenne et les États-Unis.

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À en croire Demeke Mekonnen et Serguei Lavrov, l'Éthiopie et la Russie sont d'accord sur tout : sur une médiation exclusivement africaine dans le dossier du Grand Barrage de la Renaissance, sur l'indispensable non-ingérence internationale dans la guerre du Tigré, sur le caractère « satisfaisant » des élections éthiopiennes de lundi dernier pour lesquelles la Russie avait envoyé des observateurs. Et aussi sur le rôle positif que peut jouer Moscou sur le continent, Addis-Abeba organisant d'ailleurs le prochain sommet Russie-Afrique l'année prochaine.

Cette démonstration d'amitié est bien sûr un signal envoyé à l'Occident. L'Éthiopie, isolée par l'Europe et Washington en raison des crimes commis dans le Tigré, mais aussi par la Ligue arabe qui soutient l'Égypte et le Soudan dans le dossier du barrage, a besoin d'un puissant allié, notamment au Conseil de sécurité. Et Serguei Lavrov le lui a apporté : Moscou, a-t-il déclaré, entend approfondir leur « coopération » et leur « coordination mutuellement bénéfiques dans les organisations internationales, en premier lieu à l'ONU, où nous nous soutenons activement et proposons des initiatives communes ».

Mais selon l'analyste Andrew Korybko, du Conseil russe pour les Affaires internationales, la Russie sert aussi à l'Éthiopie de contre-pouvoir à la Chine, avec laquelle Addis-Abeba est économiquement très liée. « Mieux vaut pour l'Éthiopie, estime-t-il, équilibrer de manière préventive sa dépendance géostratégique potentiellement disproportionnée vis-à-vis de la Chine grâce à une autre partenaire ».

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