Le procès de l'ex-Seleka Éric Neris Massi a démarré en RCA

Eric Massi, porte-parole et coordonnateur international de la Seleka, le 30 décembre 2012.
Eric Massi, porte-parole et coordonnateur international de la Seleka, le 30 décembre 2012. AFP/Lionel Bonaventure

Le procès de l'ancien porte-parole de la coalition rebelle de la Seleka, qui avait pris le pouvoir en 2013 à Bangui, a débuté jeudi 24 juin dans la capitale centrafricaine.

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Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

Suite à une dénonciation, les enquêteurs ont effectué une perquisition à son domicile le mois dernier, à la recherche d’une cache d’armes. Ils n’ont finalement trouvé qu’un gilet pare-balle, un drone, des jumelles et une paire de rangers. Le prévenu est poursuivi pour détention illégale d’effets militaires, complot et espionnage. Il comparaissait hier en procédure de flagrant délit devant le tribunal de grande instance de Bangui.

Au coeur des débats : la paire de chaussures, des rangers taille 43 « qui appartenaient à mon père », explique Éric Neris Massi. Lui affirme chausser du 45. 

« C’est un détail », répond le procureur. À la barre, en tenue orange, au dos le numéro 0133N, l’ancien porte-parole de la Seleka fait face à un président suspicieux : « d’autres effets militaires seraient-ils cachés quelque part ? » 

On en vient au drone : « Quelle portée ? Quelle autonomie ? »

« C’est un modèle pour enfants, un simple jouet ! », selon la défense. « Il peut être utilisé comme arme ! », répond le procureur. Mêmes questions pour la paire de jumelles : peuvent-elles être utilisées à des fins militaires ?

Les avocats de Massi évoque « un règlement de comptes ». Déjà arrêté et placé sous contrôle judiciaire il y a cinq ans, avant d’être blanchi, le prévenu donne de la voix : « si je devais prendre les armes aujourd’hui, ce serait pour défendre la République ! » Éric Neris Massi, qui travaille aujourd’hui dans la communication, a été arrêté le 28 mai et a passé deux semaines en détention provisoire avant d’être placé sous mandat de dépôt.  

Le parquet requiert un an d’emprisonnement et 300 000 CFA d’amende. La défense demande la relaxe. Le jugement est mis en délibéré pour le lundi 28 juin. 

Éric Neris Massi est le fils de Charles Massi, militaire et homme politique centrafricain, opposant à l’ancien président François Bozizé et porté disparu dans des circonstances non élucidées, il y a de cela dix ans.

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