Côte d'Ivoire: à Mama, Laurent Gbagbo dessine les axes de sa position dans le jeu politique

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s'exprime devant des chefs traditionnels et des membres de son parti dans son village de Mama, le 28 juin 2021.
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s'exprime devant des chefs traditionnels et des membres de son parti dans son village de Mama, le 28 juin 2021. AFP - SIA KAMBOU

Laurent Gbagbo a regagné Abidjan, mardi 29 juin, après moins de quarante-huit heures passées dans sa région natale de l’ouest du pays. Avant son départ de son village de Mama, l'ancien président a participé le matin à une cérémonie traditionnelle de « purification » au cours de laquelle les chefs traditionnels l’ont symboliquement lavé de son ancienne condition de détenu, marquant son retour dans la communauté. Mais ce passage à Mama a aussi marqué une nouvelle étape de sa réinstallation dans le jeu politique ivoirien.

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Laurent Gbagbo a basé ses prises de parole publiques sur plusieurs axes. Premier angle d’attaque : contre la légitimité du pouvoir actuel. Sur France 24, Laurent Gbagbo persiste : il a gagné en 2010, mais il a été « dégagé », dit-il, car « trop gênant », au profit d’Alassane Ouattara. Voilà plus de dix ans que les deux hommes ne se sont pas parlé et l’ex-président ne semble pas écouter les appels de son successeur à faire profil bas.

Lors de son retour à Mama, il a dénoncé la Cour pénale internationale, « pas sérieuse », et a semblé minimiser l’ampleur des crises passées, « nos petites querelles », selon lui.

Laurent Gbagbo joue toujours la carte de l’homme du peuple : « Je n’ai pas hérité d’une place politique. Depuis tout petit, j’ai dû me battre. Quand je parle du peuple, ce n’est pas une parole en l’air. »

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Il enfile les habits d’opposant résolu, soutient l’alliance avec le PDCI, prépare une visite prochaine à son ancien adversaire Henri Konan Bedié. Quant à 2025, il le redit : « Moi, je n’exclus rien. Je suis en politique et puis je suis un soldat. Je suis au garde-à-vous. »

Mais Laurent Gbagbo doit déjà remettre son parti, le FPI, en ordre de marche, gérer les dommages causés par sa demande de divorce avec Simone Ehivet. C’est sans doute aussi pour cela qu’il a demandé aux dignitaires de Mama de remercier sa « petite femme », Nady Bamba, pour son dévouement durant ses années d’emprisonnement.

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Aujourd’hui, le PDCI et le FPI, c’est un rapprochement qui peut aller à une alliance. Je ne peux pas présager mais aujourd’hui, nous sommes en bons termes.

Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI

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