Le Tchad satisfait de l'accueil réservé à Mahamat Idriss Déby par le président français Macron

Le président français Emmanuel Macron avec Mahamat Idriss Deby, fils d'Idriss Déby Itno. N'Djaména, le 23 avril 2021.
Le président français Emmanuel Macron avec Mahamat Idriss Deby, fils d'Idriss Déby Itno. N'Djaména, le 23 avril 2021. © AFP - CHRISTOPHE PETIT TESSON

Le président du Conseil militaire de transition Mahamat Idriss Déby a été reçu à l'Élysée lundi par Emmanuel Macron. Ils ont parlé, selon les termes du communiqué conjoint publié à l'issue de la rencontre, des questions internes au Tchad, mais aussi de la sécurité dans le Sahel. Une visite qualifiée de « grande réussite » à Ndjamena.

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Le gouvernement tchadien est « pleinement satisfait de cette rencontre », ce sont les propres termes de son porte-parole, Abderaman Koulamallah, qui ne boudait pas son plaisir hier. Il faut dire que les motifs de satisfaction ne manquent de son point de vue.

Il y a d'abord le fait pour Mahamat Idriss Deby d'être reçu à l'Élysée. Même si dans le communiqué conjoint, il est systématiquement désigné par le terme « président du Conseil militaire de transition », sa visite à Paris est interprétée par son entourage comme « un adoubement » qui vient asseoir définitivement « sa légitimité » en tant que président du Tchad.

Ndjamena craignait que les discussions entre les deux personnalités ne soient dominées par les problèmes liés à la transition. Ils ont été agréablement surpris de voir que cela n'était pas le cas, même si le président Macron a fait part de son inquiétude par rapport à certains aspects de cette transition.

Autre motif de satisfaction : la rallonge budgétaire promise par Macron et qui a été qualifiée de « conséquente » par un membre du gouvernement tchadien. Les caisses étaient pratiquement vides, selon des sources à Ndjamena. « Cela va nous aider à redémarrer l'économie et de faire face aux échéances qui nous attendent », s'est réjoui le porte-parole du gouvernement, Abderamane Koulamallah.

Si Ndjamena ne cache pas sa satisfaction, outre les points évoqués dans le communiqué conjoint, la France n'en a pas dit plus sur cette visite.

De son côté, le porte-parole du MPS, le parti du défunt président Idriss Déby, Jean Bernard Padaré, refuse de parler d’adoubement et estime que cette rencontre est le signe que cette transition avance bien, malgré les difficultés économiques : « Malgré les difficultés que rencontrent les autorités en charge de la transition, elle est quand même sur les bons rails. Par conséquent, je pense qu’ils ont dû faire le constat qu’il faut des ressources, il faut que la communauté internationale puisse accompagner la transition. Pas simplement en posant des exigences, mais en mettant à la disposition du CMT les moyens pouvant conduire cette transition à bon port ! »

Si les autorités sont satisfaites de cette rencontre, la coalition de l’opposition Wakit Tama estime qu’une fois de plus, la volonté du peuple tchadien n’est pas prise en compte. « Je crois que mon jeune frère, le général Mahamat Déby, ne doit pas se tromper. Ce n’est pas à paris qu’il va être adoubé, ce n’est ni à Washington, ni à Moscou, c’est nulle part, mais c’est ici au Tchad. Donc ces deux images, d’un président français qui a reçu le père et qui vient de recevoir le fils, mais si c’est pour continuer comme ça, ça veut dire qu’on aura oublié les populations au passage », explique Succès Masra.

Pour l’opposition, si l’État tchadien rencontre aujourd’hui des difficultés économiques, c’est en partie à cause des actuels dirigeants.

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