10e anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud: Salva Kiir préfère voir le verre à moitié plein

Le président sud-soudanais Salva Kiir s'adresse à la nation à l'occasion du 10e anniversaire de l'indépendance, à la State House à Juba, au Soudan du Sud, le 9 juillet 2021.
Le président sud-soudanais Salva Kiir s'adresse à la nation à l'occasion du 10e anniversaire de l'indépendance, à la State House à Juba, au Soudan du Sud, le 9 juillet 2021. REUTERS - JOK SOLOMUN

Le Soudan du Sud a célébré vendredi 9 juillet le dixième anniversaire de l’indépendance. Une première décennie d’existence marquée par une guerre civile sanglante ayant fait environ 400 000 morts et 4 millions de déplacés. À cette occasion, le président Salva Kiir s’est adressé à la nation. 

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Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Pour les 10 ans de l’indépendance, Salva Kiir a préféré voir le verre à moitié plein. Le président sud-soudanais a insisté sur le maintien du cessez-le-feu depuis plus de deux ans et demi, grâce « au nouvel esprit de dialogue entre les parties », dit-il.

Le chef de l’État a vanté l’ouverture des centres de cantonnement destinés à former la future armée unifiée, avec 53 000 soldats prêts à être diplômés. Salva Kiir a promis qu’ils recevront leur certificat, même si le gouvernement n’a pas d’armes à leur donner à cause d’un embargo de l’ONU qu’il a décrit comme « injuste ». Il a donc appelé la population à rester pacifique.

« Je vous demande de nous soutenir dans la construction de la paix, de mettre la paix au centre de toutes vos activités. De mon côté, je vous assure de ne pas vous renvoyer vers la guerre. Nous devons être ensemble pour nous remettre de cette décennie perdue et remettre le pays sur le chemin du développement dans la prochaine décennie », a déclaré Salva Kiir.

Mais ce discours est aussi un peu l’arbre qui cache la forêt. Le Soudan du Sud est dans une situation humanitaire désastreuse. Avec des chiffres records comme 7 millions de personnes en insécurité alimentaire, 4 millions de déplacés, un système de santé à terre, la persistance des vols de bétail, des violences intercommunautaires, etc.

Salva Kiir a promis de se concentrer sur la reconstruction des secteurs sécuritaire et économique. Sauf qu’un grand nombre de réformes prévues dans l’accord de paix de 2018 accusent parfois plus d’un an de retard. Retard que certains expliquent par le manque de volonté politique du chef de l’État sud-soudanais.

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