Le PAM a pu réaliser son premier vol humanitaire de passagers vers le Tigré sinistré

Une femme et son bébé attendent la distribution de nourriture dans une école, dans la région du Tigré. (Illustration).
Une femme et son bébé attendent la distribution de nourriture dans une école, dans la région du Tigré. (Illustration). REUTERS - BAZ RATNER

Jeudi 22 juillet, un avion du PAM a pu faire la liaison entre Addis-Abeba et Mekele, la capitale régionale, et déposer 30 employés travaillant dans l’aide d’urgence pour le compte de diverses organisations. Une avancée alors que l’accès au Tigré est quasi coupé et que 5,2 millions de personnes ont besoin d’aide.

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Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Le directeur Afrique de l’Est du PAM parle d’un « immense soulagement ». Michael Dunford a expliqué que cette trentaine d’employés sont « tous essentiels pour augmenter la réponse humanitaire ». Après de longues négociations, début juillet le pouvoir fédéral a finalement donné son feu vert pour la reprise de ce type de liaisons. Désormais, le PAM va opérer deux vols par semaine vers Mekele, facilitant le mouvement régulier du personnel.

Un motif d’espoir certes, mais une goutte d’eau tant les besoins sont énormes et l’accès au Tigré complexe.  

Les vols commerciaux sont suspendus depuis le 24 juin. La plupart des routes sont coupées, des ponts d’accès ont été détruits fin juin. Or il ne reste qu’une seule voie routière, celle partant de Semera, la capitale de la région Afar voisine. Or la guerre s’est étendue à la zone et le 18 juillet, un groupe de neuf camions du PAM a été attaqué. L’agence onusienne a dû suspendre ses convois jusqu’à nouvel ordre, alors que 200 camions sont prêts à partir dès que les conditions de sécurité le permettront.

Le Tigré est donc toujours coupé du monde et les populations ne reçoivent que l’aide qui est déjà à l’intérieur de la région. Des stocks qui s’épuisent rapidement. Le PAM n’a par exemple plus que 7500 tonnes métriques dans ses entrepôts de Mekele et Shire, et n’a pu distribuer de la nourriture qu’à 30 000 personnes en juillet, pour 185 000 en juin. Alors que ce sont aujourd’hui quatre millions de Tigréens qui sont en situation d’insécurité alimentaire aigüe.

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