Centrafrique: confusion dans la responsabilité de la mort de 13 civils à Bossangoa

Des femmes font leur lessive dans la rivière troublée de l'Ouham, le 8 mars, à Bossangoa.
Des femmes font leur lessive dans la rivière troublée de l'Ouham, le 8 mars, à Bossangoa. RFI/Charlotte Cosset

De sources concordantes, les victimes, qui pourraient être plus nombreuses, étaient de jeunes commerçants qui voyageaient à moto vers le marché de Kouki. Le gouvernement a immédiatement attribué la responsabilité du drame à la coalition rebelle de la CPC dont la région est l’un des fiefs mais de nombreuses sources pointent plutôt vers les paramilitaires russes qui interviennent dans la zone.

Publicité

Désignée responsable par le gouvernement, la coalition de groupes rebelles CPC qui a mené l’offensive sur Bangui en début d’année s’est empressée de démentir, dans un communiqué, sa responsabilité dans cette attaque. Elle s’indigne d’être prise comme « bouc-émissaire (…) sans attendre le résultat des enquêtes habituelles ». Les groupes armés donnent un bilan de seize morts, assassinés selon eux par les « instructeurs russes de la société militaire Wagner ».

Des paramilitaires qualifiés de « mercenaires » par les experts de l’ONU également désignés comme responsables du drame par le MKMKS de l’ancien ministre Jean-Serge Bokassa et la coalition COD-2020 qui regroupe les principales figures de l’opposition politique. Les opposants condamnent des « tueries ignobles » et exigent une « commission d’enquête indépendante ».

Plus prudents, sept députés de la préfecture de l’Ouham se disent dans une lettre ouverte « consternés » par l’« assassinat de citoyens et commerçants de la région » et appellent le gouvernement à « faire toute la lumière sur l’évènement ».

Enfin la Minsuca, qui a confirmé la découverte d’au moins treize corps annonce qu’une enquête est en cours et « sollicite la coopération du gouvernement ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail