RDC: Human Rights Watch dénonce le deux poids, deux mesures répressif des autorités

Vue de la prison de Makala à Kinshasa, RDC.
Vue de la prison de Makala à Kinshasa, RDC. AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Jacky Ndala, président de la Ligue des jeunes du parti de l’ex-gouverneur Moïse Katumbi a été condamné à deux ans de prison. Il est condamné  pour ses propos contre la proposition de loi dite sur la « congolité ». Cette décision de justice est particulièrement commentée et inquiète l'ONG des droits de l'homme.

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En République démocratique du Congo, la condamnation à deux années de prison de Jacky Ndala, président de la ligue de jeunes du parti de l'ancien gouverneur Moïse Katumbi, suscite bien des réactions.

Au sein même de l'Union sacrée, la nouvelle majorité, il y a ceux qui défendent cette condamnation et dénonce des propos incendiaires - on les retrouve surtout dans le camp présidentiel ; et il y a ceux qui, au contraire, dénoncent le deux poids deux mesures et publient des vidéos de responsables ou de militants de l'UDPS pris dans des situations similaires.

Cette situation inquiète l'organisation de défenses des droits de l'homme Human Rights Watch. Pour Thomas Fessy, son représentant pour la RDC, la répression ne cesse de s'intensifier depuis un an et demi, malgré les promesses du président Tshisekedi.

Depuis un an et demi, la répression s'est intensifiée contre activistes, journalistes ou encore certains acteurs politiques [...] Même si l'on ne se retrouve pas à des niveaux de répressions observées par le passé, il y a une tendance croissante à l'intolérance à l'égard des voix dissidentes. Pendant ce temps, des militants du camp présidentiel ont eu à participer à des échanges à caractère haineux, notamment sur les réseaux sociaux, ou à des débordements dans être inquiétés [...]

Thomas Fessy

« Dans le cas de Jacky Ndala, qui s'est opposé à une proposition de loi par ailleurs discriminatoire, on peut tout à fait rappeler que l'incitation à la violence peut faire l'objet de poursuites, s'il y a lieu. Mais encore une fois, l'intervention de l'ANR pour l'interpeler, la procédure hâtive ainsi que cette lourde condamnation laisse entrevoir un caractère répressif plutôt qu'un dossier réellement lié à une question d'ordre public. »

 

Si Jacky Ndala a été traduit en justice, c’est pour des propos tenus lors de son dernier meeting. Il appelait à envahir le siège du Parlement si la proposition de loi était examinée. Elle avait été introduite, début juillet, par son collègue de l’Union sacrée, le député Nsingi Pululu.

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