Est de la RDC: les habitants de Minembwe s’inquiètent de la situation sécuritaire

En RDC, l’hôpital de Minembwe peine à accueillir les patients de sa zone de santé.
En RDC, l’hôpital de Minembwe peine à accueillir les patients de sa zone de santé. RFI/Sonia Rolley

Depuis bientôt quatre ans, cette région du territoire de Fizi au Sud-Kivu est le théâtre de combats qui opposent des milices tribales banyamulenge et maï-maï à Minembwe, et deux catégories des milices aux forces armées de la RDC, occasionnant des morts, des incendies et des pillages de vaches. Les habitants vivent dans la peur au quotidien.

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Avec notre envoyé spécial de retour de Minembwe, William Basimike

Assis sur l’herbe sèche au terrain de Madegu, Étienne Gatabi a le regard fixé sur le reste de sa maison détruite, après les récents combats entre l’armée congolaise et la coalition Twirwaneho et Gumino : « Elle a été démolie, et tout a été pillé. Après avoir quitté notre refuge, ma famille n’a plus rien et même ici nous avons peur, car à tout moment la situation explose. »

À quelques mètres, Immaculée Assa, l’une des femmes leaders de Minembwe, venue plaider pour le retour de la paix auprès de la mission de l’ONU, la Monusco : « Ici, la femme est en train de perdre son mari, son fils et son beau-fils, et ensemble avec sa belle-fille, elles restent veuves. Des cas de viols sont parfois signalés. C’est un grand problème. Pourtant, toutes les tribus cohabitaient ici à l’époque. Nous voulons la paix, nous en avons tellement besoin ! »

À cause de l’insécurité, plusieurs ONG ont plié bagage, et déjà l’hôpital de Minembwe qui bénéficiait des médicaments de leur part crie à la carence. Les écoles ont rouvert leurs portes, mais plusieurs élèves sont encore absents. Face à cette situation, le commandant des FARDC dans cette zone, le général Patrick Opia, se veut rassurant : « Je lance un appel à toute la population qui est encore dans la forêt de regagner leurs milieux et de continuer à travailler comme d’habitude. Ils ne doivent pas avoir peur, car l’armée est là, on va les sécuriser puisque c’est l’une de nos missions. »

L’armée met également en garde contre la détention illégale d’armes dans cette région, et promet d’être sans pitié envers les récalcitrants.

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