Mali: l’avocat de Bah N’Daw et Moctar Ouane se plaint de ne pouvoir rencontrer ses clients

Bah N'Daw, l'ancien président de transition du Mali, le 25 septembre 2020. (illustration)
Bah N'Daw, l'ancien président de transition du Mali, le 25 septembre 2020. (illustration) AP

Les appels lancés par l'Union africaine, les Nations unies ou l'Union européenne n'y ont changé. L’ancien président de transition malien Bah N’Daw et son dernier Premier ministre Moctar Ouane sont en résidence surveillée à Bamako. Ils ne sont plus libres de leurs mouvements depuis que le colonel Assimi Goïta, actuellement à la tête de la transition, les a demis de leurs fonctions le 24 mai 2021. L'avocat qu'ils ont engagé, il y a deux semaines, se plaint de ne pas pouvoir les rencontrer.

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Lundi 26 juillet, maître Mamadou Ismaila Konaté s’est présenté aux domiciles respectifs de Bah N’Daw et Moctar Ouane à Bamako. Mais dans les deux cas, des hommes armés - « des militaires, peut-être des forces spéciales » selon l’avocat - l’ont empêché d’entrer. Ce qui scandalise l’avocat, qui rappelle que sa présence auprès de ses clients est un droit. Jusqu’ici, maître Konaté, Bah N’Daw et Moctar Ouane ont échangé à distance.

Maître Mamadou Ismaila Konaté est indigné par ce qui lui est arrivé, et surtout par ce qui arrive, depuis plus de deux mois, à l’ancien Président Bah N’Daw et à l’ancien Premier ministre Moctar Ouane.

« Ils sont assignés à résidence contre leur gré et en l'absence de toute base légale, affirme-t-il. Et il faut le rappeler pour toutes les personnes qui sont les auteurs de cette situation là aujourd'hui, y compris le président Assimi Goïta, y compris le Premier ministre Choguel Maïga, y compris le ministre de la Justice. Tous se rendent coupables de voie de faits, d'arrestations illégales, tous se rendent coupables et complices d'assignations à résidence dans des conditions non conformes au droit. »

Requête devant la Cédéao

L’avocat a demandé à rencontrer les actuels dirigeants de la transition et pour dénoncer ce qu’il considère comme une « anomalie révoltante ». Maître Konaté indique d’ailleurs avoir saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali pour lui signifier officiellement ce dernier évènement.

Avant cela, Maître Konaté avait déposé une requête auprès de la Cédéao, l’instance régionale, pour obtenir la libération de l’ancien président et de l’ancien Premier ministre. « Une requête a été déposée devant la Cour de justice de la Cédéao, reçue avec un accusé de réception. La démarche procédurale consiste à notifier l'État du Mali de cette requête et donner l'occasion à l'État du mali de réagir, et indiquer une date d'audience pour évoquer le dossier. »

Maître Konaté envisage enfin de porter plainte au pénal contre les auteurs des arrestations et des assignations à résidence de ses clients, ou encore de saisir les institutions des Nations unies. 

Sollicitée par RFI, la présidence malienne n’a pas souhaité réagir.

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