Violences dans le Cameroun anglophone: les images satellites en appui de l'enquête d'Amnesty

Des élèves, parents et professeurs lors d'une manifestation à Kumba, le 25 octobre 2020, après une attaque meurtrière dans une école dans cette ville du Cameroun anglophone (image d'illustration).
Des élèves, parents et professeurs lors d'une manifestation à Kumba, le 25 octobre 2020, après une attaque meurtrière dans une école dans cette ville du Cameroun anglophone (image d'illustration). REUTERS/Josiane Kouagheu

Amnesty International a procédé à de nouveaux travaux de recherche sur les violences commises dans l'ouest anglophone du Cameroun. Les régions anglophones sont le théâtre d’un conflit meurtrier qui oppose l’armée camerounaise à des séparatistes armés, issus de la minorité anglophone du pays. Des images satellites confirment des témoignages remontant du terrain sur des crimes commis contre les civils, des exécutions sommaires et destructions d'habitations.

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Les affrontements entre divers groupes armés et l'armée se poursuivent sans relâche depuis près de quatre ans dans le nord-ouest du Cameroun. Mais il est difficile de faire un état des lieux précis car « ce sont des régions qui sont extrêmement difficiles d’accès. Il y a peu de personnes qui se rendent sur place et les informations qui en proviennent sont extrêmement parcellaires…», explique Fabien Offner, chercheur pour le bureau régional Afrique de l'Ouest-Afrique Centrale d'Amnesty International, joint par Amélie Tulet, du service Afrique.

L'enquête d'Amnesty est à lire ici 

« Les images satellites nous ont permis de corroborer des informations, avec des dizaines d’habitations détruites, avec également des champs qui peuvent être brûlés… Et ces images satellites permettent tout simplement de faire un avant-après », poursuit le chercheur.

Qui est à l'origine de ces destructions ? «... L’armée camerounaise (qui) a pu être impliquée, les groupes armés séparatistes également, des groupes d’autodéfense peuls… » : il est « plus que jamais nécessaire que des enquêtes impartiales et neutres soient menées », insiste Fabien Offner.

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« La Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples demande, depuis 2018, aux autorités camerounaises, de pouvoir mener une mission d’enquête. C’est jusqu’à présent resté lettre morte. Il faudrait qu’il y ait beaucoup plus qui soit fait, pour pouvoir mettre clairement des données très précises sur ce qui se passe dans ces zones, où on ne sait que très partiellement ce qui se passe ».

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Ces violences, pour lesquelles les populations civiles paient le prix fort, ont fait des milliers de victimes et près de 700 000 déplacés. Parmi les récentes destructions confirmées par Amnesty, celles de plusieurs villages dans la zone de Nwa, en février 2021, provoquant la fuite de plus de 4000 personnes.

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