À quand la retraite pour des dizaines de milliers d'enseignants de RDC?

Cours dans une classe d'une école de Kinshasa, en RDC, en août 2020.
Cours dans une classe d'une école de Kinshasa, en RDC, en août 2020. AFP - ARSENE MPIANA

En RDC, plus de 80 000 enseignants en âge de prendre leur retraite attendent depuis plusieurs années de pouvoir quitter le service, faute de notification administrative et de solde de tout compte. Cela fait plus de trente ans que la situation dure. Le processus a été lancé symboliquement ce lundi à Kinshasa pour soixante enseignants.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

Cette mise à la retraite ne bénéficie pour le moment qu'aux enseignants des écoles primaires publiques. Mukuna Daniel a 80 ans. Cela fait 57 ans qu’il enseigne. Fatigué, ce père de douze enfants attend toujours que sa situation se régularise.

Parmi les élèves qu’il a formés certains sont devenus des ingénieurs et des médecins, se souvient-il, mais sa situation à lui est misérable. « Regardez-moi aujourd’hui, je suis venu à pied et je vais rentrer à pied. Si on me donne par exemple 15 000 dollars pour que je puisse acheter un lopin de terre, vivre en attendant la mort, ça peut m’arranger. »

Mais ses indemnités de fin de carrière n’atteindront pas ce montant. lI recevra moins de 3 000 dollars.

Baisse de la qualité de l'enseignement

Cécile Tshiyombo, secrétaire générale du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), est consciente de la situation, mais elle se réjouit de cette première étape et s’espère que l’enveloppe s’améliorera. « C’est une première. L’argent n’a pas été cherché ailleurs. On n’est pas allé à la Banque mondiale pour trouver l’argent. Nous avons dénoncé et nous avons trouvé l’argent. Ce sont nos ressources propres. »

De son côté, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Tony Mwaba, insiste sur le fait qu’il faut accélérer ce processus parce que faire travailler les enseignants à l’âge de la retraite à des conséquences fâcheuses : « Cette situation est l’un des facteurs majeurs qui a malheureusement contribué à la baisse drastique du niveau et de la qualité de l’enseignement de base dans notre pays. »

L’autre chantier, c’est d’assurer la continuité de la prise en charge de néo-retraités à travers la caisse des enseignants qui sera, d’après le ministre, bientôt opérationnelle.

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