Nigeria: le dirigeant chiite Zakzaky de nouveau inculpé pour «terrorisme et trahison»

Des partisans du dirigeant de la minorité chiite, Ibrahim Zakzaky, en juillet 2019.
Des partisans du dirigeant de la minorité chiite, Ibrahim Zakzaky, en juillet 2019. Kola SULAIMON AFP/File

Au Nigeria, nouveau rebondissement dans la bataille judiciaire qui oppose le dirigeant de la minorité chiite, Ibrahim Zakzaky, aux autorités nigérianes. À peine quelques jours après son acquittement pour meurtre, voilà que le religieux se voit désormais inculpé pour « terrorisme et trahison ». C’est ce qu’a annoncé, dimanche 1er août, un avocat de l’accusation. La liberté retrouvée de Zakzaky après près de six ans de détention n’aura donc été que de très courte durée.

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De très courte durée, mais pas étonnant, car deux jours avant sa libération mercredi dernier, le parquet de Kano, dans le nord du Nigeria, l’avait inculpé. Ce leader religieux, qui rêve de transporter la Révolution islamique d’Iran au Nigeria, est accusé de terrorisme et de trahison. Il risque désormais la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort. Des accusations lourdes, et presque du jamais-vu contre quelqu’un qui venait tout juste d’être acquitté.

L'État de Kaduna refuse l'acquittement du leader du Mouvement islamique du Nigeria. Et s'appuie sur la classification de son organisation comme terroriste depuis deux ans. Femi Falana, l'avocat du chef religieux chiite, assimile cette nouvelle plainte à de l'acharnement.

Les faits qu’on lui reproche remontent à ses activités avant 2015, l’année où il avait été incarcéré à la suite d'affrontements entre ses partisans et des forces de l’ordre. La répression avait fait quelque 350 morts. L’annonce des nouvelles poursuites sidère aujourd’hui certains de ses partisans, inquiets par son état de santé après presque six ans de détention.

Si l’acquittement l’autorisait à quitter le pays, notamment pour bénéficier des soins médicaux en Iran où il a vécu dans les années 1990, ces nouvelles inculpations le privent de la liberté de circuler, même s’il n’a toujours pas été arrêté.

Pour l'heure, le fondateur du Mouvement islamique du Nigeria refuse de recevoir les nouveaux documents de l'accusation. Selon ses proches, il reçoit des soins en ce moment à Abuja. La Haute Cour fédérale, actuellement en vacances, tentera à nouveau de faire accepter ces documents de l’accusation à Ibrahim Zakzaky en septembre.

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