Mali: une délégation tchadienne à Bamako pour s’inspirer du CNT

Le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta. Ici, lors de sa cérémonie d'investiture à Bamako, le 7 juin 2021.
Le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta. Ici, lors de sa cérémonie d'investiture à Bamako, le 7 juin 2021. © Annie Risemberg, AFP

Ils ont passé cinq jours à Bamako pour s’inspirer de l’expérience malienne, ils quittent le Mali aujourd’hui. Une délégation de quatre membres du comité tchadien chargé de désigner les futurs membres du Conseil national de la Transition est venue voir comment le Conseil malien de transition avait, il y a quelques mois, été mis en place. Puisqu’à la suite du Coup d’État militaire du 18 août dernier, le Mali s’était lui-même doté d’un CNT, organe législatif de la transition.

Publicité

Les quatre officiels tchadiens ont rencontré le Président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le Président du CNT, le colonel Malick Diaw et plusieurs membres du CNT. Pour parler des enjeux liés à la composition de ce Conseil, qui se doit d’être le plus représentatif possible sans passer par une élection. Avec une donnée sensible dans les deux cas, malien et tchadien : la place des militaires au sein de ce conseil…

Au Mali comme au Tchad, ce sont des militaires qui ont pris le pouvoir et qui dirigent la période de transition.Et dans les deux cas, la place accordée aux militaires au sein du Conseil de transition, à la fonction législative, est un enjeu majeur et polémique.

La question délicate de la place des militaires…

Souleymane Dé, président de la commission des lois du CNT malien, a partagé son expérience avec la délégation tchadienne. « Dans le modèle tchadien, ils sont allés jusqu’à dire qu’ils veulent proposer dix poste pour le président du Conseil militaire de transition. Ici, au Mali, les militaires sont représentés dans le conseil à hauteur de 22 et on a expliqué que les 22 membres de la composante militaire ne sont pas tous des militaires, explique-t-il. Les militaires ont bien voulu mettre dans ce quota des 22 beaucoup de civils. Les politiques ont critiqué : c’est la peur de l’accaparement du pouvoir par les militaires, mais quand on est dans une démocratie, malheureusement, qui est malade, les militaires restent le dernier paravent. »

Jean-Bernard Padaré est le vice-président du Comité chargé de désigner les futurs membres du CNT tchadien. Il fait part des enseignements reçus sur cette question. « Ces militaires, une fois qu’ils ont été retenus au CNT, quand ils viennent dans l’enceinte, ils sont en civils. Quand on vient, on ne vient pas comme représentant de telle ou telle corporation. C’est assez important parce que chez nous, les gens ont l’impression que les places qui seront dédiées aux militaires, ça serait des militaires qui vont venir en tenue. Une fois qu’ils sont désignés, ils travaillent pour le pays », explique-t-il.

Une autre équipe du Comité tchadien de sélection se rendra prochainement au Soudan, autre modèle de transition politique. L'objectif est de lancer l’appel à candidature pour le CNT tchadien avant la fin du mois.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail