En Afrique, confinement et couvre-feu ont exacerbé les violences contre les femmes

Une femme marche dans les rue de Lomé au Togo avec un masque pour se protéger du Covid-19. (Illustration)..
Une femme marche dans les rue de Lomé au Togo avec un masque pour se protéger du Covid-19. (Illustration).. AFP - -

Le coronavirus a exacerbé les violences basées sur le genre, partout dans le monde. Les enquêtes menées pendant les périodes de confinement ou de couvre-feu pour empêcher la propagation de la maladie le confirment, comme celles de l'organisation « Femme Droit et développement en Afrique » dans quatre pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana et Togo). Autre conséquence de cette situation : moins de femmes ont trouvé de l'aide. Pour résoudre ce problème, un centre d’aide juridique digitalisé (CAJUD) a été mis en place…

Publicité

De notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé

Pendant la première phase de la pandémie de coronavirus, des femmes et des filles ont éprouvé beaucoup de difficultés pour accéder aux centres d’écoute, alors qu'elles en avaient d'autant plus besoin que toutes les formes de violences basées sur le genre étaient en hausse.

Victoire Worou, chargée de programme à Femme Droit et développement en Afrique ( WILDAF/FEDDAF) confirme : « Il y a eu la fermeture des écoles, il y a eu la fermeture des marchés, il y a eu le confinement. Cela a entraîné plus de proximité entre les ménages, créé des tensions et occasionné des violences domestiques ».

« Aider à distance »

Au Bénin, par exemple, plus d'un quart des femmes (26,80%) ont connu des violences de ce genre en milieu urbain, et 60% en milieu rural. En Côte d'Ivoire, le pourcentage de femmes violentées dans les foyers abidjanais a bondi de 20 à 52% durant le confinement.

Il faut donc aider les femmes et les écouter. C'est pour cela que le WILDAF met en place un centre d’aide juridique digitalisé. « Il faut trouver le moyen de les aider à distance. C’est vrai qu’il y a eu, jusqu’ici, des efforts pour mettre en place des mécanismes d’alerte et de dénonciation, au téléphone, mais le CAJUD (Centre d'Aide Juridique Digitale NDLR) va plus loin », nous explique Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, coordinatrice sous-régionale de l'organisation.

Il s’agit d’améliorer l’efficacité des centres d’écoute et surtout de mobiliser les moyens pour de nouveaux centres dans les onze pays restants de l’Afrique de l’Ouest

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail