Libye: l'enfer des ex-mercenaires syriens qui ont tenté de passer en Europe

Plus de 350 migrants interceptés par les garde-côtes libyens dans un centre de détention en Libye, en janvier 2018.
Plus de 350 migrants interceptés par les garde-côtes libyens dans un centre de détention en Libye, en janvier 2018. © Ansa

En Libye, depuis des années, des milliers d’Africains sont emprisonnés dans des centres de rétention où ils subissent toutes sortes d’exactions. Parmi eux, figurent de nombreux migrants syriens, qui avaient choisi de devenir mercenaires pour pouvoir passer en Europe.

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Les migrants qui se trouvent dans ces centres sont interceptés par les garde-côtes libyens pendant la traversée de la Méditerranée et ramenés vers ces centres. L'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme (OEDH), basé à Genève, dénonce cette semaine, les « pratiques inhumaines des autorités libyennes » à l'encontre de centaines de Syriens, détenus depuis quatre mois dans ces centres libyens. 

Ils seraient 800 Syriens emprisonnés dans quatre centres de rétention à Tripoli et aux alentours, selon l'OEDH. Ces hommes, d'après l'observatoire, ne sont pas des mercenaires, mais des migrants qui ont fuient la pauvreté et la guerre en Syrie pour rejoindre l'Europe. 

Frappés, torturés...

Dans les prisons libyennes, les Syriens détenus subissent les mêmes exactions que tous les migrants qui sont interceptés par les autorités libyennes en tentant d'atteindre l'Europe. Ils sont frappés, torturés, exposés à des multiples violations, ne mangent pas à leur faim et n'ont pas accès à l'eau potable ni aux médicaments.

Ils sont aussi rackettés et payent parfois 1 000 dollars pour retrouver la liberté. L'OEDH considère que le gouvernement libyen qui dirige ces centres est responsable de « toutes les pratiques arbitraires » qui y sévissent.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait annoncé, de son côté, que des centaines de combattants ont d'ailleurs accepté de se rendre en Libye avec la ferme intention de se diriger vers l'Europe. 

À plusieurs reprises, depuis 2020, Rami Abderrahmane, qui dirige cette ONG avait annoncé la mort, durant la traversée, de Syriens voyageant parmi d'autres migrants africains. 

En 2020, le camp de Khalifa Haftar avait accusé la Turquie d'encourager l'immigration vers l'Europe de ces combattants qui seraient au moins 1 000 à être arrivés à Lampedusa.

► À réécouter : Méditerranée: les refoulements illégaux de migrants vers la Libye se banalisent

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