Éthiopie: échec de la visite de l’envoyé spécial américain à Addis-Abeba

Un tank détruit au bord d'une route, dans la région du Tigré. (Photo d'illustration)
Un tank détruit au bord d'une route, dans la région du Tigré. (Photo d'illustration) © RFI/Sébastien Németh

Embourbée dans la guerre du Tigré depuis presque dix mois, l’Éthiopie refuse de négocier un cessez-le-feu. Les partenaires occidentaux, de leur côté, veulent établir des négociations entre les rebelles tigréens et Addis-Abeba, alors que le conflit déborde désormais sur deux provinces voisines. Un échec jusqu’à présent. Et la visite de l’envoyé spécial américain dans la capitale éthiopienne ne semble pas avoir changé la donne.

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Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

Une semaine après son arrivée, Jeffrey Feltman repart les mains vides ou presque. L’envoyé spécial américain pour la Corne de l’Afrique a rencontré par deux fois le ministre éthiopien des Affaires étrangères. Selon une source diplomatique, il aurait finalement obtenu un entretien avec le Premier ministre Abiy Ahmed. Cependant, ni le gouvernement éthiopien ni Washington n’ont confirmé.

Jeffrey Feltman cherchait à négocier un cessez-le-feu entre Addis-Abeba et les rebelles tigréens du TPLF. « Un échec », assure un diplomate occidental qui indique que l’envoyé spécial n’a pas obtenu de concessions du gouvernement éthiopien.

Un échec prévisible à en juger les relations entre les deux anciens alliés. Les rapports se sont notamment refroidis à partir du mois de mai dernier et de l’imposition de sanctions américaines contre Addis-Abeba.

Depuis, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans la capitale éthiopienne pour s’opposer à ce que le gouvernement qualifie d’ingérence américaine dans ses affaires internes.

De l'ONU à Moscou, la demande d'une trêve

Les appels au cessez-le-feu continuent d’affluer à l’international pour mettre fin à ce drame humanitaire, mais les deux ennemis ne semblent pas prêtes à lâcher les armes.

« Il n’y a  pas de solution militaire à ce conflit, et il serait désormais temps que les différents acteurs se rendent à l’évidence », a déclaré Antonio Guterres. Une nouvelle fois, le secrétaire général de l'ONU plaide pour une cessation des hostilités. La guerre commencée en novembre dernier est d’une « violence inqualifiable » dit-il. 

Sa demande est appuyée par la Russie, restée plutôt discrète à propos du conflit au Tigré. Pour Moscou, une trêve constitue le seul moyen d’arrêter le bain de sang dans le nord du pays.

Mais voila les rebelles tigréens et le gouvernement fédéral ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente jusqu’à présent. Le parti du TPLF demande la fin du blocus humanitaire, un dialogue national inclusif ainsi que le retrait des troupes Amharas de l’ouest du Tigré.

Des conditions inacceptables pour Addis-Abeba, qui refuse toujours d’entamer des discussions avec un parti qu’elle a placé sur la liste des organisations terroristes. 

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