Des Tunisiens réclament la vérité sur les meurtres de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi

Chokri Belaïd, fin 2012 à Tunis, quelques mois avant sa mort le 6 février 2013.
Chokri Belaïd, fin 2012 à Tunis, quelques mois avant sa mort le 6 février 2013. AFP PHOTO / KHALIL

Des manifestants se sont rassemblés, mercredi 1er septembre, sur l’avenue Bourguiba pour demander que la lumière soit faite dans l’affaire des meurtres de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, deux opposants tués à Tunis en 2013.

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Avec notre correspondante à Tunis, Amira Souilem

À quelques encablures du ministère de l’Intérieur, ils sont quelques dizaines de jeunes gens à s’être rassemblés, bien décidés à faire entendre leur voix.

Oussama, un des organisateurs, nous résume les raisons de leur présence : « Depuis le 25 juillet, [le président] Kaïs Saïed se focalise sur les dossiers de corruption financière, les monopoles et le blanchiment d’argent. C’est effectivement très important, mais on trouve qu’en contrepartie, il ne s’intéresse pas suffisamment aux crimes de sang comme les assassinats politiques. »

Une allusion directe aux meurtres de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, deux opposants abattus par balles devant leur domicile en 2013 à quelques mois d’intervalle.

Alors que l’opération « mains propres » bat son plein en Tunisie, ces manifestants, des jeunes essentiellement, souhaitent rouvrir ces dossiers. « Il faut que l’enquête reparte de zéro, parce que la personne qui était en charge de ce dossier n’est pas propre, elle est d’ailleurs en résidence surveillée aujourd’hui. C’est un corrompu. On n’a plus confiance, on veut une nouvelle enquête », demande l'un. « On a besoin de connaître la vérité pour que les esprits se calment enfin. C’est comme quand quelqu’un de notre famille meurt, on veut savoir ce qu’il lui est arrivé », réclame un autre.

Lassés par des procès reportés à de multiples reprises, les manifestants attendent désormais un signal fort des autorités.

Depuis le 25 juillet, date à laquelle le président tunisien s’est arrogé des pouvoirs exceptionnels, les Tunisiens sont en attente de sa feuille de route. En attendant, de nombreux groupes profitent de cette période de transition pour faire part de leurs doléances.

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