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À Conakry, réactions de Guinéens après le coup d’État

Des habitants encouragent les soldats de l'armée après le soulèvement qui a conduit au renversement du président Alpha Condé dans le quartier de Kaloum, à Conakry, en Guinée, le 6 septembre 2021.
Des habitants encouragent les soldats de l'armée après le soulèvement qui a conduit au renversement du président Alpha Condé dans le quartier de Kaloum, à Conakry, en Guinée, le 6 septembre 2021. REUTERS - STRINGER

En Guinée, depuis le coup d’État militaire du dimanche 5 septembre, la situation paraît calme dans l’ensemble du pays. Pour l’instant, aucun mouvement d’humeur ou de contestation contre les putschistes du CNRD n’a été enregistré.

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Avec notre envoyé spécial à Conakry, Sidy Yansané

Dans les différents quartiers de la commune de Ratoma, réputée comme largement acquise à l’opposition, le coup d’État du Groupement des forces spéciales est salué par les habitants.

Le bousculement de l’ordre constitutionnel leur déplaît, mais ils estiment que le renversement du président Alpha Condé par les hommes du lieutenant-colonel Mamady Doumbouya devenait nécessaire : « Ce n’est pas un coup d’État. C’est un arrangement. Ils n’ont qu’à mettre le pays en ligne, dire la vérité. S’il respecte ça, il va rester. Si lui aussi ne respecte pas ça, il va partir. C’est comme ça », témoigne un habitant.

« Si tu vois la situation de la Guinée, les jeunes ont beaucoup souffert. Et pourtant, la Guinée est très riche : la bauxite, le port autonome, tout cela fonctionne et on ne voit rien », déclare un autre.

« On attendait beaucoup » d'Alpha Condé

De l’autre côté de la ville, à Matoto, un groupe de jeunes admet avoir voté, par le passé, pour le président déchu. Et pourtant, ici aussi, l’impopularité du professeur a laissé des traces : « Non seulement il a violé les textes de lois, mais avec tout cela, les Guinéens continuent aussi à endurer les maux. C’était un opposant historique, on attendait beaucoup d'Alpha Condé. Le pays, franchement, était mal. Moi, personnellement j’ai aimé le coup d’État, surtout de la manière dont cela s’est passé. Le président n’a pas été touché. Ça a été une façon de le libérer ».

Les habitants de Conakry ne se montrent pas dupes pour autant. Il y a treize ans, la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara avait également suscité de l’espoir, avant que ses ambitions présidentielles ne mènent au pire massacre de l’histoire guinéenne le 28 septembre 2009.

► À écouter aussi : Cellou Dalein Diallo: un coup de force «pertinent, mais les militaires n'ont pas décliné de calendrier électoral»

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