Brésil: la Cour suprême se défend face aux attaques présidentielles

La Cour suprême du Brésil, à Brasilia le 2 août 2012.
La Cour suprême du Brésil, à Brasilia le 2 août 2012. REUTERS/Ueslei Marcelino

Forte réaction de la Cour suprême au Brésil au lendemain des attaques lancées contre le pouvoir judiciaire par Jair Bolsonaro, devant des centaines de milliers de manifestants venus l’acclamer lors de la fête de l’indépendance célébrée mardi. Les plus exaltés réclamaient la fermeture de la Cour suprême. Pour beaucoup, c’est l’avenir de la démocratie qui est en jeu. 

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Avec notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard

« Personne ! Personne ne fermera cette Cour ! Nous la maintiendrons debout, avec sueur, persévérance et courage »

Sur un ton indigné, le président de la Cour suprême, Luis Fux, a répliqué moins de 24 heures après les discours de Jair Bolsonaro contre le pouvoir judiciaire. Il accuse le président d’incitation à la haine. 

Jair Bolsonaro avait surtout pris pour cible l’un des membres de la Cour, traité de « canaille », et il avait averti qu’il ne respecterait pas les décisions de ce magistrat.

« Crime de responsabilité »

Luis Fux estime que le président risque de commettre un « crime de responsabilité » s’il mettait ses menaces à exécution. 

Il a exhorté les Brésiliens « à ne pas tomber dans la tentation des discours faciles et messianiques », et de ne pas croire aux « faux prophètes » : « Nous savons tous que ceux qui veulent dresser les uns contre les autres ne facilitent pas la démocratie, mais la politique du chaos. »

Malgré ce discours très ferme de la Cour suprême, le président de la Chambre des députés, Carlos Lira, qui a le pouvoir d’ouvrir une procédure de destitution, a tenu un langage beaucoup plus neutre.

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