En Centrafrique, la multiplication des engins explosifs inquiète les humanitaires

Convoi de la Minusma sur la route Bambari-Ippy (RCA)
Convoi de la Minusma sur la route Bambari-Ippy (RCA) RFI/Pierre Pinto

En République centrafricaine, un employé centrafricain de l’ONG internationale Conseil danois pour les réfugiés (DRC) a perdu la vie ce jeudi 9 septembre lorsque que son convoi a sauté sur un engin explosif entre Paoua et Bocaranga dans la préfecture de l’Ouham-Pende dans l’ouest du pays.

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Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

L’image du véhicule renversé partiellement détruit témoigne de la violence de l’explosion. Trois autres membres de l’équipe ont été légèrement blessés selon l’ONG qui exprime dans un communiqué son désarroi et met en pause ses activités pour le weekend tandis que que Denise Brown, la coordonnatrice humanitaire de l’ONU en RCA, se dit « profondément choquée et consternée » par l’évènement.

L’utilisation croissante d’engins explosifs, un mode opératoire récent dans le pays, alarme tous les acteurs de terrain. Cela fait à peine un an que l’usage d’engins explosifs est signalé pour la première fois en Centrafrique. Mais il s’est considérablement accu depuis l’offensive rebelle de la CPC en janvier dernier puis la contre-offensive de forces loyalistes. 

Un nouveau mode opératoire des groupes armés qui, repoussés hors des villes, adoptent des « techniques de guérilla » selon les observateurs. Depuis janvier, l’ONU dénombre au moins 14 civils tués par des mines et 21 autres blessés dont deux casque bleus. En mai, cinq militaires centrafricains ont également perdu la vie dans des circonstances similaires.

Les incidents se concentrent dans l’ouest du pays, la zone où le conflit est actuellement le plus intense où les besoins humanitaires sont les plus urgents et où la présence d’engins explosifs rend encore plus difficile l’accès aux populations. 

Après avoir nettoyé quarante kilomètres de voies dans la zone, la Minsuca vient d’annoncer mercredi la suspension de ses opérations de déminage en raisons d’entraves et de tensions avec les populations. 

Une décision décriée par le parti MLPC de l’opposant Martin Ziguélé qui dans un communiqué exprime sa « déception » et appelle la Minusca à « reconsidérer sa position ». 

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