Madagascar: bilan morose pour les artisans du Forum de l'artisanat d’Antananarivo

Le Forum de l'artisanat et des métiers de l'océan Indien a pris fin ce dimanche 12 septembre 2021, à Antananarivo.
Le Forum de l'artisanat et des métiers de l'océan Indien a pris fin ce dimanche 12 septembre 2021, à Antananarivo. © RFI/Laetitia Bezain

Deux millions de Malgaches vivent de l'artisanat. Mais avec l'épidémie de Covid-19 et la fermeture des frontières depuis un an et demi, les ventes de ce secteur qui attire principalement les touristes étrangers ont drastiquement chuté. Une ambiance qui a pesé sur le Forum de l'artisanat et des métiers de l'océan Indien qui a pris fin ce dimanche 12 septembre dans la capitale.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Broderie, vannerie, tissage de soie, sculptures en bois, travail de la corne de zébu ou encore du cuir... Dans les allées, les visiteurs scrutent et contemplent ce savoir-faire familial, miroir des traditions et de la culture malgache, mais ils sont peu à acheter.

Une situation que subit Lucia Rainimbelo qui tient un stand de broderie : « Nos clients, ce sont surtout les touristes et les Malgaches qui vivent à l'étranger et qui viennent en visite à Madagascar. Depuis le début de l'épidémie de Covid-19 et la fermeture des frontières, je n'ai presque rien vendu. Nous ne sommes plus que deux à travailler. La clientèle locale n'a pas les moyens d'acheter nos produits. Vous voyez, cet article en vannerie à deux euros ? Un visiteur m'a dit que c'était trop cher. »

Plus de soutien de l'État attendu

En plus du coup d'arrêt engendré par la crise du Covid-19, Manantsoa, 40 ans, doit faire face à la rareté et à la hausse du prix des matières premières pour la fabrication artisanale de ses sacs, chapeaux et tapis : « On ne trouve presque plus de cuir. C'est tout le problème des artisans. C'est exporté en produit brut sans que les locaux puissent bénéficier entièrement des matières qui existent à Madagascar. Le raphia actuellement, c'est du troisième choix et donc on ne peut pas dire que la matière que l'on utilise est de bonne qualité. Le premier et le deuxième choix sont exportés en Chine. »

Avec la mise en place d'un ministère dédié à l'Artisanat, il y a un mois, les artisans attendent une meilleure organisation de la filière et plus de soutien de la part de l'État.

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