Sénégal : deux membres du mouvement Y'en a marre dans le viseur de la justice

Des membres du collectif de rappeurs de l'opposition sénégalaise « Y'en a marre ». (image d'illustration)
Des membres du collectif de rappeurs de l'opposition sénégalaise « Y'en a marre ». (image d'illustration) RFI / Laurent Correau

Les rappeurs Simon et Kilifeu, deux membres fondateurs du mouvement citoyen Y’en a marre, devraient être présentés au procureur de la république ce lundi 13 septembre. Ils sont poursuivis dans une affaire d’escroquerie et de trafic de faux visa dans laquelle sont également cités deux députés de la mouvance présidentielle.

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Avec nos correspondants à Dakar, Birahim Touré et Théa Ollivier

C’est un véritable séisme qui secoue les Y’en a marre. Deux membres du mouvement citoyen - qui s’est illustré ces dernières semaines par des prises de position très critiques contre les derniers projets de loi du président Macky Sall - se trouvent à la division des investigations criminelles.

Landing Mbissane Seck allias Kilifeu, en garde à vue depuis une semaine, est poursuivi pour escroquerie sur visa. Il aurait facilité l’obtention de visa moyennant finances. Un délit qui peut valoir jusqu’à un an de prison ferme.

Quant à Simon Kouka, il est poursuivi pour trafic de passeports. Il aurait loué son passeport français à d’autres personnes. Ce qui peut être considéré comme trafic de migrant. Un délit criminalisé et qui peut lui valoir 5 à 10 ans de prison s’il y a récidive ou circonstances aggravantes.

Les rappeurs doivent comparaître ce lundi et deux options sont possibles selon leurs avocats. Ils peuvent être entendus par le procureur dès aujourd’hui, qui les convoquera ensuite en comparution immédiate dans une audience publique de flagrant délit. Ou alors, il peut y avoir un retour de parquet et l’affaire sera confiée à un juge d’instruction. Cette deuxième option est la plus probable, selon l’un de leur avocat Me Khoureychi Ba, car Simon Kouka pourrait être accusé de trafic de migrants, un délit qui est criminalisé et qui demande donc une instruction.

Du côté de Y’en a marre, pas de réactions pour le moment, mais un des responsables soupçonne des soubassements politiques. Selon Me Bamba Cissé, un autre de leurs avocats, ce dossier simple de droit commun a effectivement pris une ampleur politique alors que ces deux membres fondateurs du mouvement se sont illustrés par des prises de position régulières très critiques contre le pouvoir.

Au total, cinq personnes au moins sont concernées par cette affaire parmi lesquels deux députés de la majorité dont la levée de l’immunité parlementaire pourrait intervenir dans les prochains jours. Le président du groupe parlementaire de la majorité Benno Bokk Yakar a annoncé jeudi qu’il ne s’y opposerait pas.

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