RDC: deuxième journée ville morte à Beni contre l'insécurité, l'état de siège renouvelé

Des jeunes ressortissants de Beni enfilent des sacs avant de déposer un mémorandum à la présidence, le 13 septembre 2021 à Kinshasa en République du Congo.
Des jeunes ressortissants de Beni enfilent des sacs avant de déposer un mémorandum à la présidence, le 13 septembre 2021 à Kinshasa en République du Congo. © RFI / Pascal Mulegwa

Journée ville morte ce lundi 13 septembre à Beni dans la province congolaise du Nord-Kivu sous état de siège depuis quatre mois. Journée ville morte qui devrait se poursuivre ce mardi 14 septembre à l’appel de la société civile. Cette dernière s'insurge à présent contre la criminalité urbaine qui frappe durement les populations depuis l’instauration de l’état de siège. Cette mesure qui fait polémique dans le pays devrait être renouvelée pour la huitième fois ce mardi par l’Assemblée nationale. 

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

La société civile de Beni décrit une ville qui a été totalement paralysée. Avec des commerces fermés, le mot d’ordre a été respecté à plus de 90%, d’après son vice-président. La montée en échelle des cas de criminalité en ville marquée par des vols et viols des femmes a motivé cet appel à la grève générale. 

D’après le vice-président de la société de la ville de Beni, Tembo Muliwavyo, plus de 300 ménages ont été cambriolés par des hommes armés, pour la plupart en uniforme depuis le mois de mai. 

Au moins quatre cas de viols ont aussi été documentés lors de ces cambriolages. Ces informations  ont été portées ce lundi à la connaissance du président Félix Tshisekedi dans un mémorandum signé par des ressortissants de la région. 

► À lire également : En RD-Congo, le bilan de deux mois d’état de siège dans l’est du pays

Levée de l'état de siège réclamée par la société civile

Dans ce document, Ils affirment que les militaires déployés dans le cadre de l’État de siège, restent insuffisamment pris en charge. Ce qui accroît la criminalité urbaine. Le député d’opposition Jean-Baptiste Kasekwa va plus loin. Selon lui, l’état de siège n’a fait qu’aggraver les tueries dans la région.

Dans son rapport de surveillance, il a documenté le massacre de 596 civils du 3 mai au 5 septembre, soit cinq morts par jour. C’est la moyenne la plus élevée depuis 2018. Un rapport qui tranche avec les discours des autorités tant locales que nationales, accusées par la société civile et l’opposition de cacher la gravité de la situation.

La société civile réclame donc la levée de l’état de siège. Sauf qu’à la demande du gouvernement, l’Assemblée nationale accorde des prorogations, des requêtes qui passent comme une lettre à la poste.  

Ce lundi dans la soirée, en présence du Premier ministre, quelques membres du gouvernement et les chefs de l’armée, de la police, le président Félix Tshisekedi a présidé une « réunion spéciale » sur l'évaluation de l'état de siège actuellement en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.

► À lire aussi : RDC: à Goma, Tshisekedi annonce des mesures pour les sinistrés et défend l'état de siège

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