Somalie: le bras de fer entre le président et son Premier ministre continue

Le Premier ministre Mohamed Hussein Roble (photo) et le président Farmajo s'opposent dans  la crise politique provoquée par la disparition et le meurtre d'une jeune agente des services de renseignement au mois de juin dernier. (image d'illustration)
Le Premier ministre Mohamed Hussein Roble (photo) et le président Farmajo s'opposent dans la crise politique provoquée par la disparition et le meurtre d'une jeune agente des services de renseignement au mois de juin dernier. (image d'illustration) Abdirahman Yusuf AFP/File

À l'origine de la tension entre les deux hommes : la disparition et la mort probable d'Ikran Tahlil, une agente des services de renseignement, la Nisa, en juin dernier. Une affaire où la hiérarchie de la Nisa est soupçonnée, mais protégée par le président. Malgré un début de médiation le week-end dernier, les deux hommes continuent de prendre des décisions parallèles et contradictoires.

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Le président Farmajo a nommé lundi une commission d'enquête composée de magistrats sur la disparition de la jeune Ikran Tahlil, avec un membre choisi par la Nisa. Or auparavant son Premier ministre avait confié cette enquête à la justice militaire, donc hors de portée de la Nisa, une initiative qui, elle, a reçu le soutien de la famille de la victime.

Ainsi le bras de fer entre les deux hommes continue bel et bien, malgré leur tête-à-tête de samedi. Seule avancée obtenue, selon un journaliste somalien : Farmajo et Mohamed Hussein Roble ont établi un comité de liaison entre leurs deux bureaux et « maintiennent ouverte une ligne de communication ».

Selon la même source, face à la confusion, tous ceux qui peuvent servir de médiateurs sont sollicités pour intervenir. Samedi dernier, c'était deux gouverneurs de région, alliés de Farmajo, qui ont tenté de rapprocher les points de vue. Et un règlement financier, dit « de dette de sang », aurait même été proposé à la famille d'Ikran Tahlil.

Mais le père de la victime s'est exprimé en public pour la première fois samedi. Il a lancé à l'adresse des services de renseignement qu'il soupçonne du crime : « Rendez-nous son corps ou produisez-la vivante. »

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