Tchad : au Qatar, le «rendez-vous manqué» entre le chef du CMT et le chef de l'UFR

La visite de Mahamat Idriss Déby au Qatar avait laissé espéré à certains une possible rencontre entre le chef du CMT et le chef rebelle Mahamat Mahdi Ali.
La visite de Mahamat Idriss Déby au Qatar avait laissé espéré à certains une possible rencontre entre le chef du CMT et le chef rebelle Mahamat Mahdi Ali. © AFP - CHRISTOPHE PETIT TESSON

Le président du Conseil militaire de transition Mahamat Idriss Déby est revenu mardi soir d’une visite officielle de deux jours au Qatar. Beaucoup avaient espéré que ce serait l’occasion d’une rencontre entre le chef de la junte militaire et le chef rebelle Timan Erdimi. Mais ce tête-à-tête tant espéré entre les deux frères ennemis n’a finalement pas eu lieu, selon les deux parties.

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En réalité, la rencontre entre les deux hommes « n’a jamais été à l’ordre du jour », explique le ministre tchadien des affaires étrangères, Cherif Mahamat Zène, en rappelant que leur visite au Qatar avait pour objet « le renforcement de la coopération bilatéral entre les deux pays ».

Du côté de l’Union des forces de la résistance, son porte-parole Youssouf Hamid n’a pas voulu faire de commentaires pour le moment sur une rencontre que de nombreux Tchadiens avaient appelé de tous leurs vœux. Un proche du leader de l’UFR a parlé, lui, « d’une occasion manquée de faire la paix des braves » entre les deux hommes, des cousins de sang issus de la même communauté zaghawa.

Timan Erdimi est entré en rébellion contre son oncle Idriss Déby Itno en 2005. En 2019, son offensive en provenance du sud libyen avait été stoppée nette par des bombardements de Mirage 2000 français. Entretemps, les soldats tchadiens envoyés au front - en grande majorité de la communauté zaghawa - n’avaient pas voulu se battre « contre leurs frères de sang », selon des spécialistes.

Aujourd’hui, les Déby ne veulent pas prendre le risque de voir un Timan Erdimi, même affaibli (notamment par la défection d'une vingtaine de cadres qui ont déjà gagné la capitale tchadienne), débarquer à Ndjamena à un moment jugé « délicat » pour leur pouvoir. « Sa présence pourrait déstabiliser leur armée », explique encore des proches.

« Caricatural », a réagi le chef de la diplomatie tchadienne. Il se veut rassurant sur la volonté du président du CMT « de faire la paix avec tous les groupes rebelles tchadiens qui le désirent ».

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