Reportage

Tunisie: des manifestants réclament le retour de l’ordre constitutionnel

Des centaines de manifestants réunis devant le théâtre municipal de Tunis sur l’avenue Bourguiba, le 18 septembre 2021.
Des centaines de manifestants réunis devant le théâtre municipal de Tunis sur l’avenue Bourguiba, le 18 septembre 2021. © RFI/Amira Souilem

Huit semaines après le discours de Kaïs Saïed dans lequel il s’arrogeait des pouvoirs exceptionnels, la Tunisie est toujours en attente de savoir la direction que son président va prendre. Face à cette situation, des signes d’impatience commencent à se faire sentir. Ce samedi 18 septembre, des Tunisiens sont descendus sur l’avenue Bourguiba pour demander le retour à ce qu’ils appellent l’ordre constitutionnel.

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Avec notre correspondante à Tunis, Amira Souilem

« Constitution, liberté et dignité » ou encore « dégage! », les slogans de la révolution ont été remis au goût du jour et entonnés à plein poumons par quelques centaines de manifestants réunis devant le théâtre municipal de Tunis sur l’Avenue Bourguiba : « Il faut que Kaïs Saïed respecte la Constitution qu’il a juré de respecter, entonne ce manifestant. Une cinquantaine, une soixantaine de jours se sont écoulés depuis le discours du Président et nous ne savons toujours pas ses intentions. Nous demandons au Président de revenir à la raison. » 

« Nos grands-parents se sont battus pour avoir un parlement avant nous. Et Kaïs Saïed comme cela, décide de se défaire de cette assemblée-là. C’est un coup d’État contre le peuple et contre la Constitution», martèle un autre manifestant.

L’opinion publique commence à se fissurer

Au milieu de forces de l’ordre mobilisées en grand nombre et de Tunisois en week-end sirotant tranquillement un verre, la manifestation des anti-Saïed a pris une tournure inattendue quand des citoyens ont improvisé une contre-manifestation. 

Accusant les « anti-coup d’État » d’être des soutiens du parti islamiste Ennahdha, eux ont tenu à défendre le gel du Parlement : « On manifeste contre ceux qui manifestent. Moi, je soutiens le président ou plutôt c’est la Tunisie que je soutiens avant tout. Le pays a assez souffert, ça suffit comme cela, j’espère que Dieu sera avec nous et que ces gens-là en face de nous dégagent ! »

Un face-à-face qui prouve que l’opinion publique tunisienne commence progressivement à se fissurer. D’abord largement acquis aux décisions du président, de plus en plus de Tunisiens s’impatientent face au silence du Palais de Carthage.

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