RDC: la société civile s'insurge face aux violences contre les journalistes

La société civile en RDC s'insurge face aux violences envers les journalistes (Image d'illustration).
La société civile en RDC s'insurge face aux violences envers les journalistes (Image d'illustration). © Nenov/Getty Images

Le correspondant de RFI à Kinshasa Patient Ligodi a subi des violences policières, mercredi 15 septembre, lors d'une manifestation de l'opposition. Une vingtaine d'intellectuels, journalistes et activistes de la société civile de ce pays signent une tribune intitulée « RDC : les journalistes ne sont pas des criminels » dans Jeune Afrique.

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Les signataires de la tribune publiée dans Jeune Afrique assurent que les violences envers les journalistes témoignent d'une dérive autoritaire qu'il faut stopper en sanctionnant sévèrement les auteurs. Ils dénoncent des violences contre les journalistes et la société civile qui se multiplient en toute impunité. C'est le signe que « la démocratie congolaise est en péril », selon les signataires.

Bienvenu Matumano, signataire au nom du mouvement citoyen La Lucha, craint que ces répressions prennent une tournure autoritaire : « Les violences policières à répétition contre les journalistes montre que notre démocratie connaît un recul parce que la liberté de la presse, c'est l'oxygène d'une démocratie. À partir du moment où les journalistes ne peuvent pas faire librement leur travail et où les manifestants ne peuvent pas faire leurs activités librement, cela montre que le pouvoir en place est en train d'appliquer des méthodes autoritaires. »

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Crainte d'une intensification des violences

Le membre de la Lucha, rappelle le contexte électoral qui s'approche dans le pays et craint une année chaotique en 2023 : « Nous sommes très inquiets d'autant plus que d’ici à quelques mois, il y a un processus électoral qui va être important dans notre pays. Et si aujourd'hui, on commence à réprimer les manifestants et si maintenant, on commence à réduire les journalistes au silence. Cela risque d'annoncer un processus chaotique. Déjà qu'on est en train de verrouiller ou en tout cas de vouloir contrôler la Céni, on est très inquiets. » 

Ils appellent les autorités à garantir la sécurité des journalistes. Bienvenu Bakumanya, signataire de la tribune au nom des correspondants des médias internationaux en RDC, craint que l'approche de la date du scrutin signifie une augmentation des violences envers les journalistes : « Nous craignons que les répressions brutales puissent s'intensifier. [...] Il faut vraiment que les autorités puissent donner des instructions claires de protection des journalistes et de protection des défenseurs des droits de l'homme. »

« Ce que nous avons dit à travers cette tribune et à travers l'audience que nous a accordé le ministre congolais des médias, Patrick Muyaya : "Ne considérez pas les journalistes comme vos adversaires ou vos amis. Nous ne le sommes pas. Nous sommes là pour faire notre travail en toute indépendance et en toute liberté. Vous, pouvoir public, vous nous garantissez la sécurité dont nous avons besoin." »

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