Cabo Delgado: les présidents rwandais et mozambicain font un premier bilan de l’opération

Les présidents rwandais Paul Kagame (g.) et mozambicain Filipe Nyusi (d.) en tenue militaire le 24 septembre 2021 à Pemba dans le Cabo Delgado au Mozambique.
Les présidents rwandais Paul Kagame (g.) et mozambicain Filipe Nyusi (d.) en tenue militaire le 24 septembre 2021 à Pemba dans le Cabo Delgado au Mozambique. © SIMON WOHLFAHRT/AFP

En visite au Mozambique, le président rwandais Paul Kagame a tenu ce samedi 25 septembre une conférence de presse avec son homologue et hôte, Filipe Nyusi. Cette visite, qui s'est terminée ce samedi soir, fait suite à l'envoi de plusieurs centaines de soldats rwandais qui ont appuyé avec succès l’armée mozambicaine contre l’insurrection des jihadistes d’Ansar al-Sunna dans le Cabo Delgado.

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Avec notre envoyée spéciale à Pemba, Laure Broulard

Près de trois mois après l’arrivée des troupes rwandaises au Cabo Delgado, l’heure est à un premier bilan. « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas une victoire, seulement une étape franchie », a déclaré le président mozambicain Filipe Nyusi.

Les forces rwandaises et mozambicaines ont en effet revendiqué la reprise de plusieurs bastions importants des jihadistes d’Ansar al-Sunna, comme Mocimboa da Praia ou encore Mbau. « Cela montre ce que nous sommes capables de faire avec des ressources limitées » a ajouté Paul Kagame

La mission continue pour l'armée rwandaise

Mais la tâche est loin d’être finie, selon les deux présidents. Les déplacés sont nombreux, tout comme les villages partiellement ou entièrement détruits, et la menace jihadiste est toujours forte. Pas encore de date donc pour le retrait du contingent rwandais, fort de 1 000 hommes, qui devrait continuer à sécuriser les zones libérées et participer à la consolidation des forces mozambicaines aux côtés d’autres partenaires internationaux.

Vous voyez, ici, et là, les maisons sont vides. Et c’est pareil un peu plus loin en ville. Les gens ont été tués ou ont fui. Nous sommes très peu à être rentrés.

À Palma, certains habitants commencent peu à peu à revenir

Les insurgés seraient repliés dans d’autres zones, particulièrement vers le parc national des Quirimbas, plus au sud, là où sont déployées les forces régionales de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

À la question de savoir si l’opération très coûteuse ne risquait pas de s’enliser sans pouvoir mettre fin à l’insurrection, le président rwandais Paul Kagame a répondu qu’il ne voyait pas là de problèmes insurmontables.

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