Les tensions entre l’Algérie et le Maroc menacent la fourniture de gaz à l'Espagne

Une vue du port d'Alger le 25 novembre 2008.
Une vue du port d'Alger le 25 novembre 2008. AFP / Fayez Nureldine

José Manuel Albares, le ministre espagnol des Affaires étrangères est en visite à Alger, ce jeudi 30 septembre 2021, pour discuter avec les autorités de l'acheminement du gaz naturel algérien vers l'Espagne en passant par le Maroc. En effet, l'Algérie menace de fermer les vannes du gazoduc, un nouvel épisode du feuilleton algéro-marocain.

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Depuis un quart de siècle, l'Algérie, le plus gros exportateur de gaz d'Afrique, expédie sa production vers l'Espagne via le pipeline GME, comme Gaz Maghreb Europe. Ce gazoduc passe par le Maroc pour atteindre la péninsule ibérique.

La menace algérienne de fermer les robinets intervient à une période stratégique puisque le contrat touche à sa fin le 31 octobre. L'escalade des tensions entre les deux pays voisins rend difficile tout idée de négociations et donc sa prolongation.

Le but de la manœuvre est de frapper Rabat au portefeuille. En échange d'un droit de passage, le royaume chérifien reçoit près d'un milliard de m3 de gaz, soit plus de 97% de ses besoins annuels, selon Geoff Porter, expert en géopolitique du Maghreb interrogé par l’AFP.

Pour exporter son gaz sans passer par le Maroc, l'Algérie dispose de deux alternatives. La première est l'utilisation d'un gazoduc sous-marin qui relie directement l'Algérie à l'Espagne, mais il ne peut acheminer que la moitié de la quantité de gaz nécessaire à l’Espagne. L'autre choix serait d'expédier du gaz naturel liquéfié par voie maritime.

Au vu des tensions croissantes entre l’Algérie et le Maroc, il n’y a aucun espoir que le gaz algérien traverse le Maroc vers l’Espagne tant qu’une solution politique n’est pas trouvée.

Pierre Terzian, directeur de Pétrostratégie

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