Reportage

Guinée: le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya investi président

Le chef de la junte ayant renversé Alpha Condé, Mamady Doumbouya, a prêté serment devant la Cour suprême vendredi 1er octobre 2021 et devient officiellement président de la Guinée.
Le chef de la junte ayant renversé Alpha Condé, Mamady Doumbouya, a prêté serment devant la Cour suprême vendredi 1er octobre 2021 et devient officiellement président de la Guinée. © CELLOU BINANI/AFP

Le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya est officiellement président de la République de Guinée, depuis vendredi 1er octobre. Le putschiste qui a renversé Alpha Condé il y a un mois a prêté serment à Conakry devant la Cour suprême. Plusieurs diplomates étrangers étaient présents. En revanche, les chefs d’État, notamment ceux de la Cédéao, ont boudé la cérémonie, à l’exception du Mali.

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Avec notre envoyé spécial à Conakry, Sidy Yansané

C’est vêtu de son uniforme beige et de ses inséparables lunettes noires que le colonel Mamadi Doumbouya a été investi président dans l’enceinte du palais Mohamed V. La cérémonie s’est déroulée devant les ambassadeurs et les représentants des nations étrangères, telles que la Russie, la Chine, les États-Unis et la France. Aucun chef d’État n’a fait le déplacement, mais le Mali également dirigé par une junte putschiste sanctionnée par la Cédéao, a envoyé Malick Diaw, président du Conseil national de transition.

« Le peuple de Guinée a franchi un épisode décisif de son histoire »

Avant la prestation de serment, le président de la Cour suprême Mamadou Sylla a insisté auprès du nouveau chef de l’État pour qu'il évite les erreurs commises par son prédécesseur Alpha Condé : « Le peuple de Guinée a franchi un épisode décisif de son histoire qui n'autorise plus la gestion solitaire de la chose publique dans le secret d'un cabinet par des dirigeants qui n'auraient pas de comptes à rendre au peuple. »

Les grands axes de la transition ont été rappelé par le président Doumbouya : une nouvelle constitution ou encore la réforme du système électoral et du fichier. Il a aussi répété qu’aucun membre de la transition ne pourra se présenter aux futures élections.

Enfin le chef de l'État guinéen a insisté sur la lutte contre l’impunité, le grand fléau guinéen : « L'indépendance et l'impartialité de la justice constitue un impératif afin d'instaurer la crédibilité de notre État et de recréer la confiance des citoyens envers l'institution judiciaire qui a en réalité besoin d'une véritable renaissance. »

En début de soirée, et pour la première fois en tant que président, Mamadi Doumbouya a donné une allocution télévisée pour la célébration de la fête nationale ce samedi 2 octobre, « placée sous le signe de l’espérance et du rassemblement ».

►À écouter aussi : Le débat africain - Quelle transition en Guinée ?

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