Burkina Faso: l'ex-président Compaoré ne se rendra pas au procès de l'assassinat de Sankara

L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré vit en exil en Côte d'Ivoire. Ici, à Abidjan, le 10 octobre 2016.
L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré vit en exil en Côte d'Ivoire. Ici, à Abidjan, le 10 octobre 2016. AFP - ISSOUF SANOGO

Blaise Compaoré ne sera pas présent au procès de l'assassinat de Thomas Sankara, qui s'ouvre lundi 11 octobre devant le tribunal militaire de Ouagadougou. L'ancien président, exilé à Abidjan, est le principal accusé qui sera jugé pour l'assassinat, en 1987, du capitaine révolutionnaire. 

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« On ne nous a jamais rien notifié, déplore Me Pierre-Olivier Sur, l'un des avocats français de Blaise Compaoré. Il n’a jamais été convoqué à un interrogatoire. Au total, nous n’avons pas eu accès au dossier. Comment préparer sérieusement un procès qui s’annoncerait médiatisé et même historique, sans avoir eu accès au dossier ? C’est impossible en termes de droit de la défense. C’est pour cela qu’il n’est pas question, pour nous, d’y aller de façon fantoche. »

Blaise Compaoré, 70 ans, vit en exil en Côte d'Ivoire où il a obtenu la nationalité ivoirienne. L'ex-président burkinabè fait partie des principaux accusés qui seront jugés pour l'assassinat, en 1987, de Thomas Sankara. Il avait pris le pouvoir lors du putsch de 1987 et s'y est maintenu pendant vingt-sept ans avant d'être renversé à la suite d'une insurrection populaire en 2014.

Autre accusé : le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987. Devenu ensuite chef d'état-major particulier du président Compaoré, le général Diendéré purge déjà au Burkina une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'État en 2015. Tous deux sont accusés de « complicité d'assassinats », « recel de cadavres » et « d'attentat à la sûreté de l'État ».

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« Envisager la paix des braves pour préparer un retour du président Compaoré »

« En revanche, poursuit Me Pierre-Olivier Sur, nous sommes prêts, moi le premier, à me rendre à Ouagadougou pour rencontrer le président de la République afin d’envisager la paix des braves pour préparer un retour du président Blaise Compaoré sur place et de sa famille afin de montrer une image forte d’unité nationale pour lutter contre le terrorisme et le risque de désintégration auquel nous assistons en ce moment. »

Arrivé au pouvoir par un coup d'État en 1983, Thomas Sankara a été tué le 15 octobre 1987 avec douze de ses compagnons par un commando lors d'une réunion au siège du Conseil national de la révolution (CNR) à Ouagadougou. Il avait 37 ans.

Le dispositif sécuritaire se met en place au tribunal

Un dispositif sécuritaire sera mis en place autour de la salle d’audience, rapporte notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani. La circulation sera fortement perturbée par les barrières de sécurité, prévient le capitaine Souleymane Coulibaly. « Un dispositif de fouilles sera installé avant l’accès des salles » . Les téléphones, les caméras, et tout autre matériel d’enregistrements sont interdits dans la salle d’audience. Les tenues à l’effigie des personnes dont le procès se tient sont interdites a souligné le responsable de la sécurité. Les mesures anti –Covid seront appliquées selon le Lieutenant-médecin Lamine Ganamé.

Au cours d’une conférence de presse, le mouvement, le Balai Citoyen a appelé la justice militaire à tout mettre en œuvre pour éviter les erreurs de procédure, comme ce fut le cas à l’ouverture du procès du coup d’État de 2015. Car souligne Eric Kinda, l’un des portes paroles du mouvement, le peuple a soif de vérité, malgré l’absence annoncée de certains accusés.
Le Mouvement plaide pour une retransmission du procès par les médias. Mais pour le parquet militaire, cette décision revient au président de la chambre de première instance. Le procès s’ouvrira lundi prochain à 9h (GMT) à la salle des banquets de Ouaga 2000, aménagée pour l’occasion.
 

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