Le Sidaction s'inquiète du retard dans la lutte contre le VIH en Afrique de l'Ouest et centrale

C'est au Sénégal qu'est organisé le sommet régional VIH en Afrique de l'ouest et du centre, du 31 octobre au 2 novembre 2021.
C'est au Sénégal qu'est organisé le sommet régional VIH en Afrique de l'ouest et du centre, du 31 octobre au 2 novembre 2021. ASSOCIATED PRESS - M. Lakshman

À l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfant, le Sidaction publie ce mercredi 17 novembre 2021 un rapport dont le constat est clair : le retard dans la lutte contre le VIH chez les enfants est inquiétant.

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Pour réaliser cette étude, Sidaction a récolté des données sur l'accès aux ARV (Antiretroviral, un médicament pour traiter l'infection due au VIH), aux examens biologiques et aux tests de résistance pour les enfants. Et le constat est clair : « Les traitements sont souvent inadaptés ou insuffisamment diversifiés. À la fois parce qu’il y a des choix restreints de molécules disponibles et en fait, en termes de recherche et d’ARV disponibles, il n’y a pas assez de choses qui sont faites pour les enfants », explique à RFI Hélène Roger, directrice du pôle analyses et plaidoyer à Sidaction.

Depuis quelque temps, l’OMS recommande l’utilisation du médicament Dolutégravir pour les enfants de moins de 20 kg. Un traitement « assez prometteur », mais « on ne le trouve pas. Il est très, très peu accessible dans les pays », ajoute Mme Roger. Seulement 35% des enfants de la région ont accès aux traitements.

« Il faut faire du VIH pédiatrique une priorité »

Les enfants en Afrique de l'Ouest et du Centre accèdent difficilement aux traitements qui leur sont indispensables, notamment car ils ont des besoins spécifiques. Il leur faut des remèdes « qui soient plus facilement buvables ou prenables donc des comprimés adaptés à la taille de leur bouche, de leur gorge, etc. Et en fait, ces formes-là ne sont pas disponibles partout et ne sont pas disponibles de façon continue. Donc c’est aussi inquiétant »,estime-t-elle.

De plus, 60% des enfants de moins de neuf ans qui vivent avec le VIH n’ont pas accès au test de la charge virale, qui permet de mesurer l’efficacité de ces traitements« C’est un ensemble de choses qui sont essentiellement liées à une volonté politique, stratégique et financière. Il faut faire du VIH pédiatrique une priorité. On a réussi à faire du VIH une priorité sur d’autres aspects, il faut avoir envie de faire vraiment avancer la question du VIH pédiatrique aujourd’hui », plaide Hélène Roger.

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