Sénégal: vers la restauration du poste de Premier ministre

Le président sénégalais Macky Sall, le 22 février 2021.
Le président sénégalais Macky Sall, le 22 février 2021. © RFI

C'est un souhait du chef de l’État, annoncé ce mercredi soir 24 novembre après le communiqué du conseil des ministres qui a adopté le projet de loi portant révision de la Constitution. Le texte doit maintenant être voté par les députés. C’est pourtant le président Macky Sall qui avait supprimé ce poste en mai 2019, après sa réélection pour un second mandat.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Retour au système exécutif à deux têtes. Cette restauration « vient adapter l’organisation du pouvoir exécutif à un nouvel environnement économique et socio-politique », indique le communiqué du conseil des ministres. Il s’accompagne notamment de « la réintroduction de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale » et « le pouvoir de dissolution de celle-ci dévolu au président de la République ».

La suppression de ce poste, il y a deux ans et demi, avait pris de court. La réforme, contestée par l’opposition, n’avait pas été évoquée durant la campagne pour la présidentielle de 2019. Objectif affiché du chef de l’État à l’époque : gagner en efficacité.

Ce qui a changé la stratégie, c'est que nous n'avons pas avant 2019 vécu une crise aussi vaste et aussi grande que le pandémie du Covid-19.

Abdou Latif Coulibaly, secrétaire général du gouvernement

Macky Sall prépare-t-il sa succession ?

Mais le débat a été régulièrement relancé depuis. Le président Macky Sall s’est retrouvé en première ligne, sans intermédiaire… et sans fusible.

Le retour d’un Premier ministre est annoncé dans un contexte de pré-campagne pour les élections locales de janvier prochain. En ligne de mire : la présidentielle de 2024, avec la lancinante question d’un éventuel troisième mandat.

Macky Sall prépare-t-il sa succession ? Qui sera nommé à ce poste stratégique ? Les spéculations ont débuté, en l’absence du chef de l’État, en déplacement ce jeudi 25 novembre en RDC.


• Pour l’opposant Thierno Bocoum du mouvement Agir, ce retour du poste de Premier ministre qui pourrait être voté à l’Assemblée nationale à partir du 30 novembre est politique et ne sert que les intérêts du chef de l’État Macky Sall.

Nous sommes dans un pays où il y a des urgences, on ne peut pas se permettre de perdre deux années à tâtonner sur la présence ou pas d’un Premier ministre… Et je pense qu’aujourd’hui, le fait de faire revenir ce Premier ministre est un aveu d’échec, parce que d’aucuns avaient prédit que le président de la République ne voulait qu’il y ait un successeur naturel. Donc il a préféré supprimer totalement le poste de Premier ministre…

Thierno Bocoum du mouvement Agir

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