Burkina Faso: l’internet mobile reste coupé dans le pays

Vue générale de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.
Vue générale de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou. REUTERS/Joe Penney/Files

Ce mercredi 24 novembre 2021, les autorités ont publié un communiqué pour informer que cette suspension de la connexion sera prolongée de quatre jours. L’Internet mobile est coupé depuis le samedi 20 novembre. La décision de maintenir cette mesure intervient alors qu’un convoi militaire français est toujours bloqué dans le pays et qu’un appel à manifester samedi, contre la présence française et la politique sécuritaire du gouvernement, a été lancé.

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Le communiqué du gouvernement est lapidaire. En vertu de la loi relative « à la qualité et sécurité des réseaux […] et respect des obligations de défense nationale, […] le gouvernement décide de prolonger la suspension de l’Internet mobile ». L’Internet fixe, quant à lui, n’est pas touché.

Le gouvernement l’assure, ses intentions sont bonnes. Le Burkina a été frappé durement par le terrorisme, l’heure n’est pas à la contestation et il faut calmer le jeu, a expliqué Ousseini Tamboura, porte-parole du gouvernement. D’où la coupure d’Internet mobile seulement, massivement utilisé par les réseaux sociaux.

« La perte de nombreux de nos éléments des forces de défense et de sécurité, et les appels à manifester semblent créer une situation générale qui fait que nous ne pouvons pas dans cette douleur de nos forces de défense leur ajouter encore une pression psychologique de maintien de l’ordre. Je pense qu’il est de la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que nous puissions avoir une situation d’apaisement afin non seulement de rendre hommage mais aussi de faire en sorte que l’ordre public ne soit pas perturbé. »

Cette décision courrouce opposition et société civile. Déjà cette semaine, sur sa page Facebook le Balai citoyen a dénoncé le pouvoir burkinabè comme « un prédateur des libertés individuelles et collectives ». Dans un communiqué, les organisations professionnelles des médias parlent « d’une violation flagrante du droit du public à l’information ».

La position du gouvernement est incompréhensible pour Smockey, porte-parole du Balai citoyen. « C’est une dérive autoritaire de fait et quelle que soit la stratégie, elle n’est pas du tout bonne. Nous disons au gouvernement qu’il faut rétablir très vite les communications pour permettre aux gens de se rassurer que nous sommes encore dans un pays de droit et éviter que tous ceux qui ne se sont pas rallier dans un éventuel processus de déstabilisation le fassent. Force doit rester aux règles du jeu démocratique. »

Des organisations de la société civile ont appelé à manifester samedi pour le retour de la paix. Malgré l’interdiction de cette mobilisation, le ministère de l’Education a annoncé jeudi la fermeture des écoles aujourd’hui et demain.

Cette coupure d’internet intervient alors que les négociations sont toujours en cours pour laisser passer un convoi militaire français bloqué sur la route entre Kaya et Ouagadougou depuis plusieurs jours. Ce mercredi, le ministre des Affaires étrangères Alpha Barry a demandé aux populations de rester calmes.

Le porte-parole de l’état-major français, le colonel Pascal Ianni, a quant à lui déploré « un effet de loupe qui exacerbe le sentiment anti-français », alors que « les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la mobilisation de certains manifestants ».

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